SEARCH AND DESTROY T.1
サーチアンドデストロイ - Japon - 2018
Image de « Search and Destroy T.1 »
Dessinateur : Atsushi Kaneko
Scenariste : Atsushi Kaneko
Nombre de pages : 240 pages
Distributeur : Tonkam
Date de sortie : 3 février 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Search and Destroy T.1 »
portoflio
LE PITCH
À Hachisuka, ville qui pullule de robots, Doro, petit orphelin chapardeur, est pris en flagrant délit alors qu'il tente de cambrioler l'antre de créatures yakuzas... Une jeune fille, à première vue ni humaine ni créature, apparaît alors devant lui, les yeux injectés de colère. Dotée de quatre membres mécaniques qui cachent des armes surpuissantes, elle assaille sans hésiter Kick, le parrain du gang...
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Le sang et les lames

Le 03 février 2021 Tonkam / Delcourt publiait une nouvelle édition intégrale de Dororo, petit bijou chanbara d'Osamu Tezuka. Le même jour, il publiait aussi Search and Destroy, nouvelle création d'Atsushi Kaneko. Pas un hasard, puisque le second est un remake du premier.

En 2018 afin de célébrer le génie d'Osamu Tezuka a été lancé la publication d'une revue de 18 numéros exceptionnels laissant carte blanche à des auteurs du monde entier pour réactualiser, réinventer ou plus sobrement livrer des épisodes inédits des plus grandes séries du maître. Une initiative reprise très partiellement par Delcourt / Tonkam via ses trois recueils best of de Tezucomi, et l'édition en volume de ce Search and Destroy. Et comme son nom ne l'indique pas, il s'agit bel et bien là d'un remake de l'excellent Dororo. Mais pas un simple remake avec de nouveaux graphismes plus modernes comme c'est trop souvent le cas, mais une véritable relecture du concept initial. Auteur à part entière, Atsushi Kaneko a qui on doit les très réussis Bambi ou Soil, s'approprie totalement la cible et la façonne à son image. Cela ne se joue pas que sur le changement de sexe du héros et le raccourcis du prénom de l'acolyte, mais par une migration du contexte historique, des codes du récit de sabre fantastique, vers un univers SF décadent. Les parties du corps de Hyaku n'ont d'ailleurs pas été volées par des démons proprement dit, mais par des androïdes, appelés Creech, comme paiement pour permettre au père de prendre le contrôle de la ville.

 

La guerre de tous les meaux


Entre Blade Runner et Mad Max, de la mécanisation à outrance à l'effondrement civilisationnel, Kaneko installe clairement son Dororo dans un décor dévasté, une cité bétonnée harassée par la neige, donnant à l'ensemble des airs assumés de Russie communiste en pleine guerre froide. Plus tragique que jamais, la vengeance de Hyaku se suit avec une efficacité des plus tranchantes, mettant dans ce premier tome, l'action et la vivacité de son héroïne au centre des enjeux. Avec son style graphique plus occidental que la moyenne (on pense souvent à Charles Burns), son encrage lourd et ses noirs éttoufants, Kaneko développe un western futuriste des plus dévastateurs où constamment vient ré-affleurer la thématique principale de l'œuvre de Tezuka : les ravages de la guerre. Si celle-ci n'a plus lieu dans Search and Destroy elle est la raison même du destin christique de l'héroïne, tout autant qu'un contexte écrasant aussi bien graphique (un monde en ruine), social (une pauvreté fourmillante) et spéciste puisque la haine entre les Creech et les Hu est un feu qui continue de couver. L'apparition de cette guerrière à la fois bestiales et robotisée (avec toujours des lames aiguisés en guise de bras), fait alors office d'exutoire et de figure cathartique des enfants, victimes collatérales, orphelins et déracinés. Une déviation particulièrement bien vue de la part d'Atsushi Kaneko qui fait de son Search and Destroy plus qu'un simple remake de Dororo : un petit frère de sang.

Nathanaël Bouton-Drouard


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