LES RIVIèRES DU PASSé T.1 : LA VOLEUSE
France - 2021
Image de « Les Rivières du passé T.1 : La Voleuse »
Dessinateur : Yannick Corboz
Scenariste : Stephen Desberg
Nombre de pages : 72 pages
Distributeur : Editions Daniel Maghen
Date de sortie : 4 février 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Les Rivières du passé T.1 : La Voleuse »
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LE PITCH
À Paris, de nos jours, on suit les pas d’une jeune femme solitaire et sauvage. Elle pratique la seule activité pour laquelle elle est incroyablement douée : Lynn est une voleuse ! Son dernier coup de maître : dérober pour le compte du sulfureux Argonovitch un médaillon d’une valeur inestimable. Il s’agit du médaillon du Dieu Aton dont aucune représentation n’existait à ce jour. En essayant d’échapper à la propriétaire du joyau, Lynn traverse une porte et se trouve projetée...
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Les Mystères de paris

Comme toujours proposé sous la forme de deux éditions - une en grand format et noir et blanc, l'autre en couleurs mais tout aussi riche - la nouvelle découverte des Editions Daniel Maghen propose une aventure endiablée sur les traces d'un artefact égyptien. Une poursuite sur les toits de Paris et à travers deux époques tout aussi ensorcelantes.

Prévu en seulement deux albums, Les Rivières du passé est un voyage particulièrement riche au travers deux mondes séparés par le temps (mais pas que). D'un coté une capitale au décor médiévale plongé dans un obscurantisme provoqué par la menace grandissante d'étranges démons envahissants les environs ; de l'autre une cité plus contemporaine où la jeune et très jolie Lynn pratique la cambriole avec une agilité désarmante. Une voleuse à l'ancienne (justaucorps à l'appui) échappée des romans pulps qui se retrouve embringuée dans une affaire qui la dépasse, faisant d'un simple pendentif antique égyptien, le MacGuffin d'une chasse au trésor voyant l'affrontement d'un collectionneur mystique et d'une intriguante femme fatale. Une course, une porte aux enluminures d'un autre temps, et la rouquine se retrouve, façon Stargate, très, très loin de chez elle... Auteur des séries Le Scorpion ou I.R.$, le productif Stephen Desberg propose une aventure enivrante, menée à bâtons rompus comme une vision exotique d'un Faucon Maltais où s'inviterait deux temporalités en montage alterné et un fantastique assumé piochant sa mythologie dans les ténèbres du culte d'Aton. L'esprit Belphegor n'est sans doute pas très loin.

 

courants contraires


Une trame parfaitement menée, riche en surprise et rebondissements, qui s'impose d'autant plus naturellement au lecteur qu'elle est mise en image par un Yannick Corboz, toujours aussi impressionnant. Illustrateur d'un remarquable et sensuel L'Assassin qu'elle mérite, il retrouve ici son style flamboyant grâce à une colorisation directe, inspirée et libre, qui vient donner plus de corps à ses contours délicats et féroces. Si les trognes et l'énergie des personnages masculins ne manquent forcément pas d'impact, ce sont encore une fois ses personnages féminins, Lynn et Lamia qui accaparent le plus les regards grâce à des charmes à la féminité brûlante. Quelque-chose dans les regards, dans les postures, dans les échappées de leur chevelures, qui offrent une dimension supplémentaire à ce duo atypique que l'on serait près à suivre à l'autre bout du monde. Ça tombe bien, l'univers même de Les Rivières du passé est parsemé de merveilles graphiques, des décors historiques parfaitement évocateurs aux costumes jamais simplistes, les planches jamais figées, toujours vibrantes, ont ce petit quelque chose d'énergiquement brossé, de fausse simplicité, de constamment exaltant du grand Loisel. Pas un mince compliment.

Première partie déjà mémorable d'un diptyque dont on va attendre fébrilement la suite, Les Rivières du passé est la rencontre plus que réussie entre un vétéran issu de l'école du magazine Tintin (tout de même) et d'une figure montante de l'illustration, qui semble réussir tout ce qu'elle entreprend avec une facilité déconcertante, jusque ses mariages les plus acrobatiques entre le polar noir, la fantasy et l'archéologie d'un roman de gare.

Nathanaël Bouton-Drouard


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