NOSFERATU T.1 & 2 
終末のノスフェラトゥ / Shûmatsu no Nosferatu - Japon - 2018
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Dessinateur : Shinjiro
Scenariste : Shinjiro
Nombre de pages : 352 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 13 janvier 2021
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Les nosferatus, derrière leurs visages humains, font perdre la raison à toutes les créatures qui les approchent. Laura, découvre un village infecté et ne survit que grâce à l'intervention d'Arnold, un homme d'église chargé de purger les populations concernées. Bientôt elle découvre l'atroce vérité : Arnold est un nosferatu qui peut massacrer librement des cités entières. Elle doit trouver un moyen de l'arrêter.
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Mauvais sang

On peut tout faire avec le mythe vampirique et surtout le bousculer un peu, jouer avec sa nature, ses mythes et ses capacités. Auteurs de Taboo Taboo (chez Doki-Doki) et dessinateur sur l'adaptation de Fate/Zero (chez Ototo), Shinjiro en marie le gothique avec des débordements purement shonen.

Encore assez jeune artiste apparu il y a une dizaine d'année sur la scène manga, Shinjiro a immédiatement impressionné par ses talents graphiques. Un trait précis, fouillé même dans ses décors, énergique et vif, habile dans ses encrages et sa mise en lumière des atmosphères. Un talent idéal pour plonger dans le décorum gothique des vampires classiques, qui s'incarne ici une nouvelle fois dans un arrière-plan de vieille Europe digne de la Hammer où les paysages se partagent entre forêt profonde, villages isolés (et largement massacrés) et demeures fortes posées sur une montagne escarpée. Sauf qu'ici les vampires n'ont pas grand-chose de romantique ou de véritablement séduisant, apparaissant plutôt comme des créatures maudites, immortelles soit, mais dont le sang rend fou les humains qui se transforment eux-mêmes en déments assoiffées de sang. Au milieu d'une bataille entre Nosferatu s'efforçant de reconquérir leur place après avoir été repoussés 100 ans plus tôt et une église, auto-déclarée protectrice de la civilisation, engageant mercenaires et autres sadiques pour les contrecarrer, le manga dépose Laura, jeune femme vampire cherchant la paix et la vérité.

 

le temps passe et me remplit de toi


Les couverture magnifiquement peintes, tout comme les premières pages en couleurs, et l'efficacité indéniable des planches font clairement de l'œil au lecteur, mais il n'est cependant pas toujours aisé de suivre le fil des idées de Shinjiro qui certes reprend les jalons indécrottables du shonen pur souche ( évocations plus ou moins discrètes d'origines glorieuses, découverte de camarades de route aux passés troubles, incarnation d'ennemis de plus en plus forts, maîtrise de nouveaux pouvoirs...) mais va souvent vite, trop vite, télescopant les pistes et les trames les unes dans les autres. Une sorte d'urgence mal maîtrisée qui se ressent parfois jusque dans les pages qui passent d'un lieu à l'autre, d'un ton à l'autre, sans prévenir, entraînant des découpages limites brouillons, chaotiques. Malgré le classicisme des grandes lignes de l'histoire, son déroulé standard, l'auteur se disperse aisément, s'emballant manifestement plus dans la description outrée de combattants dignes de Jojo ou  Ken Le survivant (avec muscles et postures en prime) que dans l'exploration convaincante de se propre mythologie. Si le chapitre bien sadique dans les couloirs de la maison Bathory est une franche réussite dans son mélange d'horreur pure et de combat spectaculaire, la suite tourne essentiellement à l'affaire de gros bras ou de vagues accents tragiques peinent à émerger. Déjà achevé au Japon au bout de quatre volumes après une prépublication dans le magazine Young Ace de Kadokawa, Nosferatu a pour l'instant surtout de la gueule.

Nathanaël Bouton-Drouard


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