BLANCHE NEIGE L’INTéGRALE
France - 2015 / 2016
Image de « Blanche Neige L’intégrale »
Dessinateur : Trif
Scenariste : Trif
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Tabou BD
Date de sortie : 26 janvier 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Blanche Neige L’intégrale »
portoflio
LE PITCH
Dans cette version, que jamais personne n'avait osé raconter, Blanche-neige devient une jeune fille qui n'a rien d'une petite sainte, la reine une femme fatale qui considère les hommes comme des jouets, Raiponce une jeune fille ingénue, humble et très douce et le prince charmant un obsédé rusé, prêt à tout pour arriver à ses fins.
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Pas si blanche la colombe

Devenu spécialiste des détournements de contes joyeux en fables coquines, voir perverses, Trif a connu son plus grand succès avec les trois tomes de Blanche Neige, aujourd'hui réédité dans une intégrale toujours aussi culottée.

Détourner les célèbres contes largement affadis par l'école Disney et autres réécritures enfantines n'a rien de vraiment original lorsque l'on se souvient de l'origine justement de ces récits, souvent cruelle, noire et lourdement chargée de métaphores sexuelles. Des mises en gardes imagées qui ont déjà à mainte occasion inspirées quelques petits polissons qui leur redonnaient alors toute leur perversité d'autrefois, non souvent sans une bonne dose d'ironie. Trif (aka Trifoli aujourd'hui aussi illustrateur de Le Feu de Thésée chez Les Humanoïdes Associés) ne se contente cependant pas de dégrader sur une centaine de pages une simple parodie paillardes. L'album contient bien entendu beaucoup d'humour, de décalages et de clins d'oeil au lecteur, mais surprend par le travail soigné que l'auteur apporte à son récit et à sa réécriture. D'ailleurs, loin de se borner à ne remanier que les péripéties de la précieuse Blanche Neige, il la croise avec la non moins évocatrice Raiponce, désormais prisonnière de sa tour par la fameuse belle-mère. Si les nains sont inévitablement de la partie, que le prince charmant va pointrr le bout de son nez (et pas que), ce Blanche Neige reste essentiellement une histoire de femmes.

 

Trinité débauchée


Trois sublimes créatures célébrées par le trait classique, mais harmonieux, proportionné et joliment expressif de Trif (mis en couleur par André Celestini), qui se partagent clairement la vedette autour d'une vaste quête du pouvoir, de la jeunesse éternelle et d'une liberté à reconquérir. Les mâles, et même le prince pas franchement charmant (mais attention il y a un twist) se font largement damner le pion par le sexe faible qui en use à loisir, ou doivent subir leur misogynie brutale. Seul Simplet finalement, nain ayant eu semble-t-il un petit problème de croissance, gagnera le cœur de Blanche Neige et Raiponce, alliées et amantes qui découvrent les plaisirs de concert. Si les scènes de sexe sans détour occupent une bonnes place dans les planches, et viennent émoustiller le lecteur à intervalles régulières (à priori, il est venu pour ça), il est une constituante naturelle de l'histoire qui évite le mauvais goût et une gratuité trop prononcée. Encore une fois, Trif semble largement plus intéressé par ses personnages à qui il offre des caractères bien trempés et charmants (Blanche la capricieuse, Raiponce la délurée naïve et la sorcière revancharde) et une aventure finalement assez enjouée où les artifices habituels des contes à épisodes (twist, flashback et surprises à foison) sont agréablement amenés entre deux poursuites et parties de jambes en l'air. Belle surprise que ce Blanche Neige, au succès largement mérité, qui montre qu'avec un peu de soin et de savoir faire, une BD érotique de ce type peu même devenir assez captivante.

Nathanaël Bouton-Drouard


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