BATMAN : CURSE OF THE WHITE KNIGHT
Batman Curse of the White Knight #1-8 + Batman White Knight presents : Von Freeze - Etats-Unis - 2019 / 2020
Image de « Batman : Curse of the White Knight »
Dessinateur : Klaus Janson, Sean Murphy
Scenariste : Sean Murphy
Nombre de pages : 288 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 2 octobre 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Batman : Curse of the White Knight »
portoflio
LE PITCH
Le fléau Jack Napier est de nouveau derrière les barreaux, mais la sérénité est loin d'être de retour à Gotham, et encore moins au Manoir Wayne, où Bruce peine à retrouver équilibre et sérénité. Son pire ennemi n'a pas seulement ébranlé ses convictions et sa raison d'être, il a également durablement saccagé l'image de Batman et sa légitimité aux yeux des habitants de sa ville. La disparition d'Alfred n'est pas sans séquelle non plus, bien qu'elle laisse derrière lui un hér...
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"i'm a batman"

Emporté par la reconnaissance de son Batman White Knight, récit complet en forme de carte blanche déconstruisant totalement le mythe miroir Batman / Joker, Sean Murphy revient avec un second volume, Curse of the White Knight qui n'hésite plus à plonger dans les racines historiques de Gotham.

Pas parfait, loin s'en faut, mais carrément excitant, le précédant White Knight offrait une réinvention assez novatrice du mythe de Batman en renversant violemment la balance entre le bien et le mal, faisant de l'alter ego du Joker, Jack Napier, le sauveur d'une cité au bord de l'effondrement. Récit hors continuité, et inclus dans le Black Label, le volume se permettait alors de laisser le statu quo branlant et un Bruce Wayne mis à mal, déstabilisé et isolé. Reprenant presque la trame là où il l'avait laissé, Sean Murphy semble décidé à emporter son feuilleton beaucoup plus loin désormais, ouvrant le premier chapitre par un flash-back se déroulant en 1685, montrant l'ultime duel entre un certain Lord Wayne et un vampire ricanant du nom de Laffy. Un premier acte autour duquel tout Curse of the White Knight va tourner, puisque les non-dits, les secrets et twists à venir contenus ici sont d'ors et déjà connus du Joker et menacent de détruire définitivement tout ce que Bruce Wayne à fondé. Ambitieux pour le moins, trop peut-être encore une fois, Murphy est particulièrement habile lorsqu'il est question de jouer avec les références à une célèbre saga gothique de Konami (oh un fouet!), d'évoquer en filigrane d'autres légendes mystiques de DC, peut-être moins d'en inclure les conations tragique, la fameuse « malédiction » plus métaphorique qu'autre chose, dans l'univers qu'il avait ancrer en premier lieu dans un réel violent et torturé, où surtout la confrontation entre les nemesis tournait avantageusement à la rhétorique politique et idéologique.

 

Fondations


Ici plus rien de tout ça, Joker retrouve ses excès grimaçants et rigolards et se fait largement voler la vedette par un nouveau Azrael plus illuminé que jamais, qui heureusement s'emporte dans une mission de destruction totale plutôt spectaculaire. Ballotté d'un bout à l'autre de l'album, se voyant arracher ses oripeaux un à un, Wayne n'est plus l'ombre que lui-même et finalement ses pertes humaines - la famille Gordon en prend encore plein la tronche - ne touchent pas autant qu'elles le devraient. Trop de ressemblances, trop de clins d'œil à quelques épisodes historiques, trop de parallèles prévisibles entachent cette bataille homérique entre les géants de Gotham. Grande gagnante de Curse of the White Knight et personnage préféré de Sean Murphy, la véritable Harleen Quinzel (une mini-série Harley Queen est dans les cartons) devient une figure d'autorité et de compassion à la complexité étonnante. Son nouveau design de femme mature, mère farouche de surcroît, est parfait, tout comme d'ailleurs toute l'approche graphique de la maxi-série. Seul maître à bord en dehors d'un interlude sur les origines de Mister Freeze confié au mentor Klaus Janson, Curse of the White Knight est encore une véritable démonstration de force pour l'illustrateur jubilant dans les nombreuses ré-imaginations de designs et de costumes, les mélanges architecturaux et déclarations d'amour enflammées aux Batmobiles et en particulier à celle du film de Tim Burton. Finalement peut-être un peu trop fan boy pour son bien le Sean Murphy...

Nathanaël Bouton-Drouard


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