CONAN LE CIMMéRIEN T.10 : LA MAISON AUX TROIS BANDITS
France - 2020 - 2020
Image de « Conan Le Cimmérien T.10 : La Maison aux trois bandits »
Dessinateur : Paolo Martinello
Scenariste : Patrice Louinet
Nombre de pages : 80 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 23 septembre 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Conan Le Cimmérien T.10 : La Maison aux trois bandits »
portoflio
LE PITCH
Alors qu’il croupit dans la cellule où il est emprisonné suite à l’assassinat d’un prêtre, Conan reçoit la visite d’un seigneur qui lui propose la liberté en échange d’un nouvel assassinat.
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La cité de la violence

Et de dix ! Nous voilà déjà arrivé à la moitié des adaptations en bande dessinée des nouvelles de Conan. Et pour cette sorte d'anniversaire, c'est Patrice Louinet, directeur de collection himself, qui se charge du scénario.

Si La Maison aux Trois Bandits n'est ni la plus connue ni la plus emblématique des nouvelles de Robert E. Howard consacrées au Cimmérien, elle n'en demeure pas moins (comme toutes les autres) intéressante sur plusieurs points. Déjà car elle est l'une des rares à ne posséder aucun personnage féminin, qui participèrent pourtant grandement au succès de Conan lors de ses premières parutions dans le magazine Weird Tales ; ensuite parce qu'on y voit Conan en fâcheuse posture ; enfin parce qu'elle est à classer parmi ses nouvelles où la ville tient un rôle à part entière (comme dans deux de ses plus grands chefs d'oeuvre : La Tour de l'Eléphant et Les Clous Rouges). Une cité cosmopolite et labyrinthique abritant forcément de multiples dangers, propices à tous les vices, à tous les crimes, dont l'un d'entre eux va jeter le Cimmérien directement en prison. Une cité où on tue des prêtres, où on humilie des prostituées et où des bêtes immondes (en l'occurrence ici, une sorte de loup-garou) prennent le pouvoir. Derrière le récit sanglant et la sauvagerie des actes qui y sont commis, Howard couche une nouvelle fois ses thèmes récurrents : le coeur noir et abject des hommes dits civilisés et la chute annoncée de leurs cités décadentes.

 

logan le barbare


Tandis qu'il se charge du découpage de l'histoire (très linéaire) et de ses textes (peu nombreux, la nouvelle comptant parmi les moins dialoguées de l'auteur texan), Patrice Louinet confie le dessin à Paolo Martinello (auteur de 3 Souhaits, une relecture des Mille et Une Nuits). Le style de l'Italien, fourmillant de détails, offre au théâtre de l'intrigue, cité dangereuse et labyrinthique, le miroir idéal. Les cases sont très fournies, noircies dans leurs moindres recoins, et prennent parfois la forme de doubles pages très réussies car malgré tout extrêmement lisibles. Les cadrages sont eux, très cinématographiques, les plongées et contre-plongées (comme celles de la couverture) nombreuses. Quant à la violence du récit, crue et sans fard comme toujours chez Howard, elle prend évidemment la forme de généreux bains de sang et de viscères volants en tout sens, entrecoupés par des passages silencieux où seul le dessin traduit la pensée du Cimmérien. Mais aussi celle du dessinateur, qui trahit, le temps d'une case située dans les égouts, une de ses influences : la case finale d'Uncanny X-Men #132 (Spécial Strange 30 pour les vieux d'entre nous). Un sacré souvenir de comics Marvel où Wolverine, sous la plume de Chris Claremont et les crayons de John Byrne (ce run mythique!) se retrouve seul face aux sbires du Hellfire Club. Un parallèle bien vu entre les deux personnages, bêtes blessées, furieuses et avides d'une vengeance sauvage.

Si ce dixième tome ne se hisse jamais à des hauteurs que d'autres ont atteintes avant lui (ruez vous sur La Fille du Géant du Gel de Robin Recht, nom de nom!) il a le mérite d'offrir à la collection un nouvel album tout à fait recommandable et d'encore une fois offrir à un auteur dont on ne parlera jamais assez, les honneurs qui lui sont dus.

Laurent Valentin


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