PREDATOR : CONCRETE JUNGLE
Predator #1-4 - Etats-Unis - 1989/1990
Image de « Predator : Concrete Jungle »
Dessinateur : Chris Warner
Scenariste : Mark Verheiden
Nombre de pages : 112 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 23 octobre 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Predator : Concrete Jungle »
portoflio
LE PITCH
New-york, 1995. Alors que la ville crève de chaud sous une canicule sans précédents, le lieutenant Schaefer enquête sur une série de meurtres qui pourrait avoir un lien avec son jeune frère, Dutch, militaire porté disparu après une mission en Amérique centrale.
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La Grande battue

Retour aux origines avec le tout premier comic officiel Predator publié par Dark Horse en 1989 alors que la saga se résumait à un chef d'œuvre primal signé John McTiernan. Une suite directe dont la transposition urbaine a laissé des traces vertes fluo sur son passage.

Chose somme toute assez logique, après s'être fait la main sur une suite inédite du carton de James Cameron, Aliens, Dark Horse s'empresse d'enchaîner avec une autre grosse licence de la 20th Century Fox : Predator. Un seul film pour l'instant, mais un succès imposant au box office et une créature déjà entrée dans la culture populaire en font d'ors et déjà une valeur sûre. D'ailleurs, alors que le scénariste maison Mark Verheiden - qui n'a pas encore œuvre sur les films Timecop, The Mask et des séries comme Ash vs Evil Dead ou Swamp Thing - entame l'écriture de cette première mini-série, Joel Silver œuvre en parallèle sur un second long métrage. Ce dernier n'hésitera pas d'ailleurs, impressionné, à rencontrer Verheiden à la lecture du premier fascicule afin de connaître les développements à venir de son récit. Un développement qui ne l'a sans doute pas autant séduit que prévu puisque Predator 2, finalement dirigée par Stephen Hopkins, s'inspire essentiellement du pitch de départ. De manière assez troublante même puisque dans cette mini-série retitrée ensuite Concrete Jungle, il est déjà question de l'arrivée de l'alien dans une citée en pleine canicule, zone de chaos livré aux mains de la délinquence et même d'une attaque spectaculairement violente dans le métro. L'affiche du film répond directement à une couverture, et l'ambiance générale, âpre, noire et presque sordide n'est jamais loin. Mais au-delà de l'anecdote il serait dommage de réduire Concrete Jungle à cela.

 

Les proies


Désormais abordable comme un « what if », l'album s'efforce de faire un grand écart particulièrement compliqué entre l'apport d'un nouveau cadre, le New York des 90's, ou plutôt son versant Bis, avec les origines tropicales du premier film. Beaucoup plus débridé que son pendant sur grand écran, le comic n'hésite pas à invoquer un frangin au massif Dutch, le Detective Schaefer, héros bodybuildé tout aussi bourrin et adepte des punch lines qui crachent. Il renverse d'ailleurs rapidement les vapeurs, se mettant lui-même aux trousses du predator, provoquant alors la colère des services secrets américains. Un bon gros actionner des familles, que Mark Verheiden s'amuse à croiser avec le polar crasseux (d'où un acolyte fatigué entre Danny Glover et le Dennis Franz de Die Hard 2) et le délire gentiment paranoïaque directement emprunté au Invasion Los Angeles de John Carpenter. Pas de lunettes noires en plastique à se mettre sur la tronche, mais un masque de Predator qui révèle aux curieux une armadas de vaisseau faisant de New York une réserve de safari pour les E.T. aux rastas. Comme souvent avec ce type de comics, l'ampleur va bien au-delà d'un budget de cinéma et l'ensemble s'achève au quatrième chapitre à coupx de lance-roquettes, de missiles et de rayons-lasers. Un lecture pop-corn totalement assumée célébrée par un Chris Warner (Moon Knight, Terminator, Barb Wire) manifestement très à l'aise avec l'esthétique brute du noir et blanc (le comics connaîtra par la suite une colorisation numérique) venant autant souligner le moindre détail de la gueule d'amour du predator que les muscles hypertrophiés de Schaefer. C'est ce qu'on appelle de la bonne grosse artillerie.

Nathanaël Bouton-Drouard


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