JOKER : FINI DE RIRE
Legends of the Dark Knight #65-68, Joker: Devil's Advocate - Etats-Unis - 1994, 1996
Image de « Joker : Fini de rire »
Dessinateur : Graham Nolan, Joe Staton
Nombre de pages : 208 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 28 août 2020
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Le Joker est enfin parvenu à ses fins : il a tué Batman au cours d'un duel explosif ! Mais à présent que son plus cher ennemi n'est plus que lui reste-t-il à faire de ses journées ? Ainsi, l'ancien Clown Prince du Crime devient Joe Kerr, un simple citoyen de Gotham, et ne tarde pas à tomber amoureux. Mais l'ancien maniaque est-il véritablement devenu sain d'esprit ?
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Tea for 2

Le Joker est à nouveau la star d'une album signé Urban Comics. Un volume réunissant cette fois-ci deux récits symptomatiques des années 90 étudiant la relation interdépendante entre le Batman et sa Nemesis, alors que ce dernier semble guéri et quêtant une vie normale ou cloitré dans le couloir de la mort. Showtime.

Batman v Joker. Joker vs Batman. C'est un ballet largement étudié, pas toujours gracieux, parfois explosif, mais toujours accrocheur pour des lecteurs fascinés par une énième opposition entre l'ombre et la lumière, ou le trop plein de couleurs criardes. Un duel en forme d'éternel recommencement auquel Alan Moore donna un nouveau niveau d'intensité en 1988 avec The Killing Joke et dans lequel s'engouffra volontiers l'event A Death in the Family, laissant les fantômes du second Robin (Jason Todd) battu à mort et de Barbara Gordon, désormais paraplégiqu, nourrir la colère de Bruce Wayne.

Et cette tension, cette rage habite encore le défenseur de Gotham lorsque J.M. DeMatteis (célèbre pour son long run sur Spider-man ou son magnifique Moonshadow) expérimente avec leur statu quo en laissant Batman pour mort et le Joker presque désœuvré dans sa folie. Sans ennemis à sa hauteur, il retrouve un visage humain, une nouvelle identité et entame même une romance sans prétention avec une jeune femme, fan tout comme lui des vieilles comédies hollywoodiennes. L'un panse ses blessures dans l'oubli, l'autre se reconstruit une vie et si ce n'était sans leurs démons respectifs, Gotham aurait presque pu enfin connaitre la paix. Une étude de charactère particulièrement intéressante, même si un poil prévisible et à l'emporte-pièce, sorte de pause dans le chaos ambiant, où étrangement viennent s'insinuer une vision parfois un peu datée et outrée du personnage. Sans doute un peu inspirés par la fameuse série animée, mais aussi marqués par les illustrations plus caricaturale et pop des décennies précédentes, ces quatre épisodes de Legends of the Dark Knight marie bizarrement sous la pinceau de Joe Staton (cocréateur de The Huntress) une certaine noirceurs cauchemardesque à la Gene Colan avec quelques délires autoparodiques (la voiture grotesque du Joker, le Bat-surf...).

 

Zonzon


Un mélange des genres que ne pratique pas le one shot de 40 pages L'Avocat du diable rédigé par le pilier Chuck Dixon. Le Joker présenté, plus froid, psychotique et violent est clairement à rapprocher de celui d'Alan Moore, et se voit enfin reconnu coupable d'une série de meurtre par timbres empoisonnés (ça reste le Joker quand même) et condamné à mort. Problème, Batman son pire ennemi est persuadé qu'il est innocent et va devoir lui sauver la mise par principe. Un polar habilement goupillé, plus complexe qu'il n'y parait, et qui malmène Joker en lui interdisant son habituel séjour confortable à l'asile d'Arkham. A la merci des talents de détective de son ennemi juré, devant jouer des coudes pour faire sa place dans les murs du pénitencier (dommage pour le joueur d'harmonica) il ressemble moins à un super-vilain farfelu qu'à un sociopathe sadique. Une facette du personnage directement héritée une nouvelle fois du Killing Joke, comic incontournable encore très présent, en particulier dans l'esprit de la famille Gordon très logiquement traumatisé. Mais Joker va se faire prendre à son propre jeu par un Batman qui ne manque pas, parfois, d'ironie. Un opus plus resserré et efficace que la première partie de l'album, mais qui souffre parfois un peu des illustrations datées (en particulier par sa colorisation) d'un Nolan Graham (La Revanche de Bane) trop fonctionnel, là ou un éclairage gothique à la Silence des agneaux aurait eu beaucoup plus d'effets.

Nathanaël Bouton-Drouard


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