BLADE RUNNER 2019 T.1
Blade Runner #1-5 - Etats-Unis - 2019
Image de « Blade Runner 2019 T.1 »
Dessinateur : Andres Guinaldo
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 26 août 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Blade Runner 2019 T.1 »
portoflio
LE PITCH
Une Blade Runner, surnommée ASH, lancée à la recherche de la femme et de la fille de l'industriel Alexander Selwyn, dans le Los Angeles fictif de 2019. Mais son enquête va la mettre sur la piste de replicants - ces androïdes synthétiques aux comportements étrangement humains, mais aux intentions pas toujours très nettes - et au cœur d'une vaste conspiration, Selwyn est en effet proche du milliardaire Eldon Tyrell.
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Dangerous Days

Etonnamment en dehors d'une lointaine adaptation du premier film par Marvel, l'univers cyberpunk de Blade Runner était resté éloigné des comics. Rebondissant sur la suite signée Denis Villeneuve mais se collant au plus près de la vision sombre de Ridley Scott, Blade Runner 2019 creuse plus encore les ruelles désespérées d'un Los Angeles pourrissant.

Œuvre visionnaire et polar SF irrémédiablement hypnotique, Blade Runner et sa suite plus qu'honorable et tardive Blade Runner 2049, s'inscrivent dans une tradition de l'anticipation marquée par les réflexions transhumanistes et paranoïaques du génial Phillip K. Dick. Une œuvre littéraire, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? qui, comme son nom l'indique, avait déjà une certaine faculté à la mélancolie, à la réflexion intérieure et à la contemplation. D'où malgré une description désespérée d'un futur décadent, inégalitaire et contaminé, une constante recherche dans les longs métrages d'une grande poésie de l'image, d'une beauté picturale dépassant le récit et élevant, naturellement, les êtres synthétiques. Co-écrit par le Michael Green de Logan et de... Blade Runner 2049, la BD en question s'inscrit directement dans la chronologie «officielle» et plus particulièrement dans la périphérie de la quête de Rick Deckard.

 

Clonages


Même décors de tours noires et écrasantes, de rues crasseuses, de visages hagards noyés sous une pluie visqueuse, et surtout même regard tourné vers les bons vieux polars hardboiled, vers les films noirs au travers de l'enquête d'Ash, Blade Runner tout aussi désabusée, mais surtout malheureusement plus égarée encore. Pas la loin de la chasseuse de prime de western, récoltant sur ses cibles quelques pièces de replicants à vendre au marché noir, victime elle-même d'un implant dorsale grand consommateur d'énergie, son humanité ne se dévoile que dans sa proximité avec les quartiers insalubres, avec la population d'en bas et son rejet de l'empire Tyrell. Et si les couvertures et autres illustrations promotionnelles citent ouvertement le film et le travail de Syd Mead, les planches d'Andres Guinaldo (Gotham City Sirens, Justice League Dark) tirent surtout l'atmosphère de la série par son découpage resserré, ses contours presque esquissés et ses détails acides, vers une série B pas métaphysique pour un sou, un actionner cyberpunk violent et désespéré. Une approche inédite des codes de Blade Runner, qui donne un cachet certain à ce premier tome de 2019 où bien entendu il est question à nouveau d'une quête de rédemption, d'une recherche inconsciente d'une élévation de sa condition. Et celle-ci doit passer par une petite fille de 5 ans au génome excitant les intérêts financiers de la Tyrell Corporation, que des replicants renégats tentent de protéger en activant tous leurs réseaux. L'univers est bien le même, mais c'est la narration plus ramassée, l'esthétique plus sèche, le ton plus rude qui renouvellent parfaitement l'intérêt.

Nathanaël Bouton-Drouard


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