SUPERMAN : IDENTITé SECRèTE
Superman: Secret Identity #1-4 - Etats-Unis - 2004
Image de « Superman : Identité secrète »
Dessinateur : Stuart Immonen
Scenariste : Kurt Busiek
Nombre de pages : 208 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 4 septembre 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Superman : Identité secrète »
portoflio
LE PITCH
Depuis l'enfance, Clark Kent vit dans l'ombre pesante du super-héros de comic-books Superman. Sa famille, ses amis, ses camarades de classe ne manquent pas une occasion de lui rappeler sa ressemblance avec l'icône de papier. Alors qu'il rêve de devenir un jour romancier, le jeune Clark découvre au cours d'une excursion des pouvoirs qu'il ne se connaissait pas.
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Clark is the man

Profitant de l'installation du tout nouveau Black Label regroupant autant de nouvelles créations originales que d'anciens titres glorieux hors continuité, Urban Comics réédite le Identité Secrète de Kurt Busiek et Stuart Immonen. Sans doute le traitement le plus réaliste apposé à l'icône Superman.

Créateur de Marvels et Astro City, Kurt Busiek n'est plus a une relecture méta de super-héros près lorsqu'il écrit la mini-série Identité secrète en 2004 pour DC Comic. C'est pourtant, comme souvent dans ce type de réflexion sur le coeur même d'un personnage, un projet qu'il murie depuis les années 80 et la découverte d'un DC Comics Presents #87 qui imaginait le temps d'un épisode un Superboy née sur une terre comme la notre. Si le concept a forcément varié au cours du temps, en particulier dans la construction plus ramassée en seulement quatre épisodes, le point de départ est ici identique. Un jeune garçon nommé, non sans humour (lourd), Cark par ses parents, les Kent, souffre depuis son enfance de moqueries liées à son homonymie avec le plus célèbre héros de comics. Sauf qu'un jour les mêmes pouvoirs que Superman apparaissent et changent totalement sa vie... et le monde. Une extrapolation, un « what if » au postulat passionnant qui permet de réinscrit l'ADN du personnage dans un monde contemporains et réaliste. Apportant une touche à la fois très contemporaine et une patine proche de l'iconographie des 50's, Stuart Immonen (Ultimate Spiderman, All New X-Men...) capte totalement ce pont entre les époques, les esthétiques et les traitements. Il privilégie d'ailleurs dès que possible les grands angles, les tableaux amples et contemplatif que Clark habite comme un point de mire souvent solitaire.

 

Stoïc Man


L'ère de la naïveté est loin derrière et le jeune Clark Kent opte alors pour la discrétion découvrant d'ailleurs assez rapidement que le gouvernement américain tente de la capturer pour l'étudier. Ici le costume de Superman devient le meilleur allié, non pour le symbole, mais pour son incongruité rendant les témoignages absurdes. En première ligne Identité secrète est donc bel et bien un récit de super-héros classique, réinventant les origines du personnage, déplaçant son point d'équilibre (on est plus proche de l'ambiance X-Files que de celle de Smallville), pour mieux, comme toujours s'efforcer d'en capter le plus efficacement possible l'essence. Un surhomme soit, mais chacun des quatre épisodes imaginés par Kurt Busiek sont avant tout construit sur les grandes étapes de la vie de Clark, adolescent, le jeune homme, l'homme puis le père de famille, que le lecteur accompagne tout au long de ses décisions les plus intimes, de sa rencontre avec Lois... Chaudhari, jeune architecte d'origine indienne, à la naissance de leurs deux filles jusqu'à sa retraite confortée par un monde en pleine mutation. Par lui même il réalise, alors qu'il recherche des indices dans la masse d'articles de journaux et de photos qu'il a préservé de ses aventures, que ce sont finalement celles montrant de simples instants de vie, du quotidien, qui lui rappellent le plus de souvenirs. Identité secrète est moins l'illustration du destin extraordinaire d'un homme surpuissant et capable de sauver le monde, que le portrait touchant d'un homme au nom qui prête à rire et qui par hasard avait les pouvoirs d'un Superman. Simple donc émouvant.

Nathanaël Bouton-Drouard


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