APOCALYPSE SELON LOLA
France - 2005/2020
Image de « Apocalypse selon Lola »
Dessinateur : Arthur Qwak
Scenariste : Arthur Qwak
Nombre de pages : 104 pages
Distributeur : Akileos
Date de sortie : 3 juin 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Apocalypse selon Lola »
portoflio
LE PITCH
Lola, prostituée de son état, a vu sa vie basculer le jour où elle a été enlevée par des extraterrestres. Elle va alors monnayer ses talents à travers l’univers en échange de nanopsules qu’elle s’injecte directement dans le cerveau pour des shoot de connaissance qui lui permettent de développer son intelligence, son habileté, ses connaissances linguistiques… Mais un jour, elle fait un mauvais trip en s’injectant une capsule qui lui livre des informations confidentielles sur l...
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Ouisky, SPV et homéoputes

De retour dans notre galaxie après une apparition trop succincte, Lola Cordova revient secouer notre réalité en remaniant joyeusement ses premiers atours. Un album revu et corrigé mais loin d'être assagi et ça nous va très bien.

Déjà édité en 2005 chez Dargaud sous le titre plus sage Lola Cordova, l'album d'Arthur Qwak (Le Soleil des loups) fut largement remarqué par les amateurs d'arts graphiques pour son inventivité et ses expérimentations numériques encore assez rares à l'époque. Remarqué aussi par Richard Saint-Martin co-fondateur d'Akileos qui tient aujourd'hui l'occasion d'accompagner le projet plus avant, de le mettre sans doute beaucoup mieux en valeur. Quinze ans après cependant pas question de rééditer l'objet à l'identique et le glissement vers un titre devenu Apocalypse selon Lola n'est pas anodins puisqu'il souligne une version augmentée par de nombreux petits bonus graphiques dans un cahier en fin d'album, mais aussi un véritable travail effectué sur les couleurs, les textures et même quelques polissage du coté des textes et du découpage. Un album « Redux » comme dirait l'autre qui permet certainement d'extraire légèrement la création de Qwak de ce début des années 2000 dont il est un fier rejeton des expérimentation Adobe, pour lui donner une patine plus atemporelle aujourd'hui. Cela ne veut certainement pas dire que la BD a perdu son identité loin de là. Surtout que vu la frénésie des évènements et la fougueuse inventivité du scénario cela semble parfaitement impossible.

 

Le Trou noir


Gros trip SF totalement décomplexé, croisant allègrement l'enquête parano à la X-Files avec les voyages cosmiques, l'auto parodie et une fin du monde dont tout le monde semble se foutre éperdument, Apocalypse selon Lola croise généreusement les gènes des belles heures de Métal Hurlant (Jodorowsky et Moebius toujours en ligne de mire) avec les voyages temporels et métaphysique de Stefan Wull (L'Orphelin de Perdide, ou Les Maitres du temps en version animée). Les temporalités se croisent et se décroisent, les évènements ne s'enchainent pas toujours dans le bon ordre (mais ça dépend du point de vu) avec un faux jmenfoutisme anar qui dissimule brillamment une toile parfaitement pensée. Jubilatoire, foutrack, à la lisière de la farce totale mais qui finalement s'emboite sans à-coups avec une rigueur que l'on n'osera qualifier de mathématique, scientifique.

Pas franchement de la science-fiction de fillettes, et l'album n'aurait sans doute pas la même saveur si la figure centrale des évènements avait été d'un autre tonneau que la diablesse Lola Cordova, prostituée camée jusqu'aux yeux, avide de cul et de nouvelles expériences qui sait prendre son enlèvement avec philosophie et va pratiquer des Rencontres du troisième type pleines de sueurs, d'orifices et de secrétions diverses et variées. De quoi sérieusement perturber nos pauvres aliens peu habitués à de tels déchainements de chairs. Une héroïne qui fait tourner les têtes et se dresser les mâles d'un seul sourire entendu et qui va peu à peu se transformer par quelques shoots mémoriels en Neo carrément sex, punk & rock'n roll. Si les dessins semblent toujours aussi bruts dans leurs contours, le trait excessivement gras et les formes loin d'êtres gracieuses, la mise en scène et le découpage, traversent les réalités et perturbent le rythme avec une facilité déconcertante. Expérimental, sexy, irrévérencieux et grisant.

Nathanaël Bouton-Drouard




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