UMBRELLA ACADEMY T2 : DALLAS
Etats-Unis - 2009
Image de « Umbrella Academy T2 : Dallas »
Dessinateur : Gabriel Bâ
Scenariste : Gerard Way
Nombre de pages : 188 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 3 février 2010
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Umbrella Academy T2 : Dallas »
portoflio
LE PITCH
Quelques semaines après l'Apocalypse avortée, provoquée par l'un des leurs, et la mort de leur mentor bien-aimé Pogo, le moral du groupe est au plus bas. Chaque membre sombre dans une routine dépressive lorsqu'une nouvelle catastrophe menace d'altérer l'histoire et de détruire la planète. Le problème est que ni Spaceboy, Rumeur, Séance, 5 ou encore Kraken ne semblent vraiment concernés..
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Sons of america

Passée la surprise de la découverte des premières pages et l'avalanche de prix (dont de le Eisner Award de la meilleure série) et de nominations, les petits gars de Sir Reginald, dit Le Monocle, reviennent toujours aussi dépressifs... pour un album qui pète le feu.

 

Sortie d'à peu près nulle part, la première série de Gerard Way (chanteur de My Chemical Romance pour ceux qui ne suivent pas) aurait pu tout aussi bien y retourner illico presto. Car le chaotique mais jubilatoire La Suite Apocalyptique reposait justement sur un manque de maîtrise narrative rafraichissant, couplé à une imagination débordante et une irrévérence constante. Les qualités de la jeunesse comme dirait l'autre, que l'on retrouve intactes dans le second volume. La famille apparaît ici comme toujours aussi éclatée, et la fin du monde toujours aussi proche. Mais si la première histoire se centrait sur le passé de ces étranges gamins, Dallas furète comme son nom l'indique dans l'Histoire américaine. Le meurtre de Kennedy, la guerre du Vietnam... Une réflexion en filigrane sur ses valeurs idéologiques de l'Oncle Sam prend corps de la façon la plus incongrue qui soit. Avec d'ailleurs pour commencer, un combat explosif entre les enfants et la statue de Lincoln devenue folle !

 

krack boom chachacha !


Ce bon point de départ embraye à la volée sur des voyages temporels (et nombre de paradoxes qui colleraient une migraine au Doc Brown de Retour vers le futur), des Vietcongs vampires, une momie géante, un paradis où Dieu prend l'apparence d'un cowboy mal luné... Le récit est un capharnaüm excitant, où même la bonne vieille planète bleue fait les frais d'un joyeux « pop » nucléaire. La plus grande trouvaille reste sans doute ici le duo de serial killers Hazel et Cha Cha, anciens nazis accros au sucre et revêtant des masques de cartoon ridicules. Un régal page après page, dont les tours et détours ne cessent de surprendre le lecteur quelque part entre les prérogatives d'un Breakfast of Champions (le livre, pas le film) et l'expérience psychédélique du Tueurs Nés d'Oliver Stone. Explosions narratives, bifurcations tonales (entre tragédie générationnelle et parodie super-héroïque), Dallas se présente une nouvelle fois comme un terrain de jeu idéal pour la mise en page dynamique du brésilien Gabriel Bà (PIXU, BPRD 1947) et sa touch' pop-rétro. Un retour parfaitement réussi donc, qui laisse présager du très bon pour la suite.

Nathanaël Bouton-Drouard


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