VORACES
France - 2020
Image de « Voraces »
Dessinateur : Stefano Landini
Scenariste : Christophe Bec
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 24 juin 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Voraces »
portoflio
LE PITCH
New Dehli, Inde, 2025. Des hordes de zombies ont envahi la mégalopole, le gouvernement est retranché dans un bunker assiégé. Le seul espoir pour la population : un convoi humanitaire escorté par des militaires partis du Baluchistan pour les secourir. 1 350 kilomètres à parcourir. Le désert du Thar à traverser. Un seul poste de ravitaillement sécurisé. Et des nuées de Voraces à l’affût...
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Nouveau volume de la collection très bis de Glénat, Flesh & Bones, pour une mission suicide au fin fond du désert du Thar avec une horde de zombies aussi affamés que malin. Mais même s'ils conduisent des 4x4 les zombies, ça reste des morts-vivants.

Très excitante et prometteuse sur le papier, la collection Flesh & Bones et sa carte blanche offerte à quelques auteurs français (pour la plupart), s'est révélée finalement assez inégale, passant de l'exercice de style entendu et anecdotique à quelques effervescences glauques, et parfois Z assez réjouissantes. Scénariste le plus prolifique de la gamme, Christophe Bec (Prométhée, Carthago) en est d'ailleurs un parfait reflet. A coté de l'efficace et bien glauque survival Sunlight et du délire trashouille Bikini Atoll entre Massacre à la tronçonneuse et un Troma fortuné, ses autres albums sont malheureusement beaucoup plus oubliables. Débarquant en plein moi de juin de l'année 2020, un récit comme celui de Voraces a quelque chose de courageux par son approche frontale et directe de la figure zombiesque, refusant le second degré ou la relecture postmoderne en connivence avec le lecteur. Reprenant la forme d'une simple série B pied au plancher, le volume balance donc une troupe de militaires mercenaires et bien rodés, à travers un paysage aussi désertique qu'hostile avec comme seul horizon la survie d'une petite élite gouvernementale à cette apocalypse contagieuse.

 

dernières cartouches


Bec tente bien de présenter une nouvelle forme de virus zombie avec une intelligence bien plus prononcée que la moyenne, mais les capacités tactiques de ces derniers frôlent tant le ridicule qu'à aucun moment leur menace peut être prise au sérieux. Increvables, omniprésents et apparemment grands fans de Max Max, les morts-vivants de Voraces manquent le coche là où quelques hordes plus anonymes auraient suffis. Surtout qu'à coté de cela, l'auteur retrouve son talent habituel pour installer efficacement ses personnages, à faire fonctionner la dynamique de groupe (même si elle constamment malmenée et réduite) avec en ligne de mire la caporal-chef Osawa, seule femme au cœur d'une bande de bidasses bien viriles, mais clairement la plus bad-ass du lot. Une adepte du sang froid aux faux airs de Vasquez (Aliens) et dont le geste final, prévisible, rappellera certainement le Snake Plissken de Carpenter. La virée est parfois assez prenante, la tension présente, mais Voraces est constamment rappelé à l'ordre par ses aspects déjà-vu et l'absence d'ingrédients plus croustillants ou un approfondissement de l'univers. Débarqué un temps des comics où on l'a croisé sur Herald of Galactus ou Hellblazer, ou de travaux d'illustrateurs ciné (Star Wars, Black Panther...), l'italien Stefano Landini manie un noir et blanc ultra carré et un découpage rythmé, mais là encore sans l'amplitude ou la démesure qui auraient pu transformer l'essai. Voraces, une lecture qui nous laisse sur notre faim (désolé).

Nathanaël Bouton-Drouard


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