LEVIATHAN T.1: ASCENSION
Action Comics #1007-1011, Superman: Leviathan Rising #1 - Etats-Unis - 2019
Image de « Leviathan T.1: Ascension »
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 6 mars 2020
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Dans l'ombre des grandes cités, les agences d'espionnage Spyral, ARGUS, DEUS et la Force Spéciale X se livrent depuis des années une guerre souterraine et secrète faite de rivalités de clan, de multiples trahisons et parfois d'échange d'informations sur les différentes menaces qui pèsent sur la Terre. Mais que se passerait-il si une organisation décidait de livrer une attaque sur l'ensemble de ces agences ? Un changement à la tête du syndicat du crime de Talia al Ghul, Leviathan, risq...
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Sous contrat

Les event DC se suivent à la chaine... mais ne se ressemblent pas forcément. La preuve avec Leviathan, crossover prenant ses racines du coté de Metropolis et annihilant en quelques pages toutes les agences d'espionnage de l'éditeur pour mettre en place une nouvelle menace d'envergure. Super-héros et agent secrets... ca peut faire des étincelles.

Habitué de l'exercice, à qui l'on doit dans sa grande période Marvel ni plus ni moins que, House of M, Secret Invasion, Siege et Age of Ultron, Brian M. Bendis a clairement été calé sur le projet afin de faire le ménage dans une liste étendue, souvent oubliée, parfois redondante, d'agences mystérieuses mises en place par les différents scénaristes au cours des années. Revitalisant une terrifiante organisation du nom de Leviathan crée par Grant Morrison dans les pages de Batman Inc, Bendis l'envoit massacrer avec une terrible efficacité l'ARGUS (sorte de Shield local), le DEUS (spécialisé dans le surnaturel), la Task Force X responsable du fameux Suicide Squad, Checkmate branche cachée de l'ONU et enfin la secte apocalyptique Kobra, ramassis de vilains de seconde zone. Atomisation enclenchée sous le regard pour l'instant de Lois Lane et Superman, véritables pivots de ce récit qui, comme la couverture française ne l'annonce pas du tout, prend son élan dans les pages de la revue Action Comics, dédiée donc aux aventures des Kent. Une narration de thriller moderne, presque réaliste au milieu duquel Superman fait volontairement tâche. L'homme à la droiture immuable, à la générosité et à l'honnête sans borne, perdu dans un marasme de tromperies, de secrets, d'agents doubles ou triples, Bendis sait parfaitement ce qu'il fait et titille justement l'équilibre habituel du célèbre couple, faisant de madame le véritable moteur de l'action.

 

tombent les masques


Pas étonnant dès lors que ce soit cette fois-ci Clark Kent qui se fasse kidnapper par les agents de Leviathan (et non l'inverse), pensant duper ses adversaires mais se retrouvant prisonnier (double ironie) d'une ceinture de kryptonite. Comme pour les précédents épisodes de Superman qu'il a signé, Bendis montre constamment son plaisir à jouer avec ces personnages mythiques, à les bousculer, les titiller un peu, sans jamais oublier en cours de routes les figures secondaires (Olsen qui tourne parano, la retors Amanda Waller fait des siennes, le papa Sam Lane est mis au pied du mur...). Avec ce premier volume, Leviathan laisse clairement les super-héros en retraits, silhouettes qui attendent dans l'ombre, et ce n'est pas plus mal, le scénario en profitant pour crédibiliser son petit univers de suspens technologique, d'espionnages noirs, avec ce soupçon de fantastique spectaculaire moins proches du Secret Wars de Bendis et Gabrielle Dell'Otto que du Captain America de Brubaker et Steve Epting. Un artiste qui justement se charge de l'illustration de la quasi-intégralité du volume, offrant à nouveau un décor crédible, ultra réaliste, légèrement opaque, à un récit déjà particulièrement nébuleux, avançant masqué comme dans la mise en place des pièces d'un jeu d'échec avant que la stratégie, le piège ne se révèle. Avec Yanick Paquette qui signe, forcément, un excellent numéro spécial Superman: Leviathan Rising et le guest pertinent de Greg Rucka et Mike Perkins aux commandes de la série dédiée à Lois Lane, cette Ascension séduit immédiatement par ses rouages bien huilés, sa lente contamination, que par sa justesse dans l'écriture de personnages que l'on croyait connaitre par cœur. Espérons que le second volume, et la grosse artillerie attendue, ne gâche pas tout.

Nathanaël Bouton-Drouard


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