DOGGYBAGS T.15 : MADE IN AMERICA
France - 2020
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Scenariste : Run, Peter Klobcar
Nombre de pages : 120 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 27 mars 2020
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Après un retour inespéré entièrement dédié à La Mort et ses petits tracas, l’anthologie du Label 619continue sur sa lancée de survivant en s’attaquant à nouveau à l’une de ses petites marottes : les USA et sa joyeuse culture de la solidarité entre les peuples.
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Toujours viiivants...

Après un retour inespéré entièrement dédié à La Mort et ses petits tracas, l'anthologie du Label 619 continue sur sa lancée de survivant en s'attaquant à nouveau à l'une de ses petites marottes : les USA et sa joyeuse culture de la solidarité entre les peuples.

Qui aime bien châtie bien comme pourrait le dire Run dans son édito où il évoque cet énième retour dans les frontières étasuniennes. On peut apprécier la culture d'un pays, ses arts, ses habitants, ses paysages, et vomir ses déviances historiques et ses tristes travers qui l'on poussé à élire un Trump à la Maison Blanche. S'il se défend, pas très fortement, de faire de la politique avec ce numéro de Doggybags, il opte tout de même ici pour trois récit particulièrement orientés avec un jeune homme de couleur qui manque de se faire pendre dans le bayou dans Manhunt, un retour de bâton bien violent et mérité pour une communauté KKK dans Héritage et une autopsie dramatique des fake news dans le parano Conspi-racism. Run en a rédigé en personne deux du lot, laissant le premier au débutant Peter Klobcar, mais clairement tout le monde va dans la même direction de la dénonciation brutale, aux lisières toujours du récit horrifique à la EC Comics, et de l'exorcisation des fantasmes de la frange blanche et arriérée, des petits fachos de bazar aux grands théoriciens du complot et d'une planète plate (« parce qu'on nous ment mon bon monsieur ! »).

 

le jeu du pendu


Le premier est une chasse à l'homme où une créature sauvage s'invite à la fête, le second une fable noir et dramatiquement ironique, la troisième, clairement la plus série B du lot, est une sacrée réussite. La mise en place d'un cercle corrompus de la vengeance admirablement illustré par un Jérémie Gasparutto qui avait déjà fait des merveilles sur l'opus spécial Katsuni, qui mélange efficacement drame morale et violence graphique jusqu'à une dernière page fatale. Clairement beaucoup moins porté sur l'humour noir que les précédents numéros, ce Mad In America a des petits airs désespérés heureusement (un peu) compensés par les habituels bonus bien fournis de la collection. Des fausses pubs à foison, un poster, un courrier des lecteurs bordélique à souhait, des articles thématiques et une nouvelle complètement hallucinée de Tanguy Mandias où les grands symboles de la décadence américaine (Elvis zombies, Ronnie MacDo, Liberty...) se promènent en goguette avant d'appuyer sur le gros bouton rouge. Doggybags 16 parlera-t-il de pandémie ou des soirées SM du RN ? Rendez-vous dans quelques mois.

Nathanaël Bouton-Drouard


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