GREEN LANTERN : EMERALD TWILIGHT
Green Lantern #48-55, #78 - Etats-Unis - 1994/1996
Image de « Green Lantern : Emerald Twilight »
Scenariste : Ron Marz
Nombre de pages : 272 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 13 mars 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Green Lantern : Emerald Twilight »
portoflio
LE PITCH
Depuis des années, Hal Jordan protège le secteur spatial 2814 en tant que membre du Corps des Green Lantern. Mais la destruction de sa ville, Coast City, par Mongul le rend amer et déprimé. Petit à petit, Hal se laisse corrompre et décide d'accumuler les anneaux de puissance de ses équipiers afin de réécrire l'Histoire en tant que Parallax ! Le dernier des Gardiens, Ganthet, n'aura d'autre solution que de livrer le seul anneau restant à un jeune illustrateur terrien : Kyle Rayner.
Partagez sur :
Greenwashing

Nouvelle gamme de l'édition Urban Comics, DC Confidential a comme ambition de remettre en lumière quelques grandes sagas méconnues de l'éditeur américain. Des arcs narratifs aux conséquences notables mais qui furent pour la plupart, et c'est une injustice, totalement ou partiellement inédites en France. Marqué par une destruction totale du Green Lantern Corp. et un passage de flambeaux impératif, Emerald Twilight y a certainement sa place.

Obsession cyclique des éditeurs, ce début des années 90 était marqué chez DC par une nouvelle volonté de rajeunir le lectorat et donc les personnages clefs. Les mettre aux goûts du jour. Superman meurt pour être remplacé par d'étranges copycats avant de se découvrir une passion pour les cheveux longs ; Wonder Woman laisse sa place à une adolescente pleine d'entrain et Batman se fait briser le dos par Bane. Chez DC on n'y va pas par quatre chemins et Green Lantern ne va pas connaitre de traitement de faveur. Comme un écho à l'excellent Green Lantern Emerald Dawn (toujours inédits chez nous celui-là), Emerald Twilight s'ouvre par un Hal Jordan, le tenant historique du titre aux tempes désormais grisonnantes, dévasté devant le champ de ruine qu'est devenu Coast City, ravagée par Mongul dans les pages de Superman. Le fier héros cosmique, ancien pilote de chasse et modèle de stabilité est ravagé par le désespoir et se prend de folie, imaginant voler le pouvoir d'origine des Lantern, sur la planète OA, pour reconstruire par la pensée la cité et la population qu'il avait choisi de protéger. Une quête destructrice en seulement trois épisodes, comme un triptyque ravageur, où Jordan atomise littéralement l'intégralité du Green Lantern Corp., les Gardiens et le pouvoir des anneaux verts, ne se laissant traverser que de vagues et lointaines sensations de remords.

 

vert clair


Repreneur du titre Ron Marz n'y réfléchit pas à deux fois avant de déballer une armée d'opposants tous balayés d'un revers de la main (même le terrible Sinestro) et ne prend pas vraiment le temps d'explorer plus profondément le traumatisme du personnage et les contours de sa folie. Brut de décoffrage en somme, efficace certainement, mais un peu juste quand à la porté d'évènements dont on ne pourra finalement découvrir la véritable résonnance que 10 ans plus tard dans le futur Green Lantern Renaissance (en forme de machine arrière... on ne se refait pas). Clairement ce qui intéresse le plus l'auteur ici est de faire place pour l'arrivée du nouveau Kyle Rayner, qui va en l'occurrence hériter du dernier anneau des Lantern et d'une poignée de pouvoirs supplémentaires (exit la faiblesse jaune) et démultipliés. Outre la découverte de ce jeune homme typiquement fringué comme un adolescent des 90's, dessinateur de comics et scrutant les fesses de sa charmante petite amie aux allures de mannequin, ce nouveau départ se détache totalement des aventures Space Opera du prédécesseur, revenant à des castagnes de super-héros beaucoup plus terriennes voir quotidiennes. Pourquoi pas, Rayner est un personnage plutôt attachant dans son mélange de courage et de pragmatisme (il faut bien gagner sa croute), doté de ce petit quelque chose du modèle Spider-man. Une poignée d'épisodes menées tambour battant, avec ses méchants qui viennent éprouver les nouvelles capacités (Ohm, Mongul, Major Force), l'apparition d'un nouveau costume bien stylé, sa rencontre avec la légende Superman, le meurtre de sa fiancée car il faut une faille traumatique, le tout illustré par un Darryl Banks aux formes dynamiques et aux contours typiques de cette décennie. Tout une époque finalement, mais pas forcément la plus percutante du médium, qui structure cet album en forme de coup de jeune bourrin, de renaissance au forceps mais qui reste un passage historique du titre à défaut d'en être un incontournable.

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020