THE WEATHERMAN T.1
The Weatherman #1-6 - Etats-Unis - 2018
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Dessinateur : Nathan Fox
Scenariste : Jody Leheup
Nombre de pages : 200 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 28 février 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « The Weatherman T.1  »
portoflio
LE PITCH
Nathan Bright avait tout pour lui : une superbe petite amie, un chien attachant et le poste le plus en vue de Mars : celui de présentateur météo. Son quotidien va cependant prendre un tour inédit lorsqu'on l'accuse d'être à l'origine de l'attaque terroriste qui raya 8 milliards d'individus de la surface de la Terre et obligea le reste de l'humanité à migrer sur la planète rouge. Mais est-il vraiment coupable de ce crime ?
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Giboulées de mars

Quand on fait la pluie et le beau temps sur les canaux de diffusions planétaires, il ne faut pas s'étonner que parfois la grêle nous tombe directement sur la gueule. Une virée explosive sur la planète Mars qui doit beaucoup, et c'est une bonne nouvelle, à l'œuvre de Phillip K. Dick.

La Terre mère a été la victime d'une attaque terroriste globale laissant ses colonies dévastées de chagrin, orphelines. Malgré toutes l'enquête, les coupables non jamais été trouvés, mais une possible réplique fait peser une menace terrifiante qui ravive les haines et les violences... et les désirs de vengeance. Mr Météo star de la planète Mars aux airs de youtubeur insupportable (pléonasme ?), Nathan Bright se découvre du jour au lendemain la cible de tout ce beau monde, cellule terroriste et services secrets compris, puisqu'il pourrait être l'ennemi numéro 1 après un lavage volontaire de cerveau et un passage sous le bistouri. Futur ultra technologique, expansions humaines, réflexions politiques et trame de thriller totalement parano, les amateurs reconnaîtront clairement l'influence première de The Weatherman : Phillip K. Dick. Plus encore avec son décorum martien et son personnage principal qui découvre sa véritable identité, c'est le film de Paul Verhoeven, Total Recall, qui revient constamment en mémoire, jusque dans ses débordements les plus bis et sa volonté d'imposer un blockbuster aussi malin que sacrément musclé et racé. Et la ressemblance s'étale dans cette cohabitation outrée entre une violence très marquée, un univers aux contours bien sombres et une décontraction bisseuse et un humour décalé bien placé.

 

"tu n'es pas toi, tu es moi"


The Weatherman fonctionne ainsi sur un équilibre constant entre des enjeux dramatiques et émotionnels élevés, et la tête d'ahuri de Nathan, dragueur foireux, branleur un peu mégalo et adulescent pas fini forcément dépassé par les implications morales et philosophiques de l'affaire. Construisant ses scripts comme des fusées lancées à toutes berzingues, Jody Leheup (X-Force, Wolverine, X-23) n'oublie jamais de construire au cœur de l'action un petit monde complexe et cohérent. Une vision martienne très loin des dystopies à la mode (et ça fait du bien), mais où des thèmes comme la justice (la peine de mort en l'occurrence), le terrorisme et les dérives de l'entertainement s'inscrivent parfaitement dans un tableau global plus complexe qu'il n'y parait. Cinétique en diable, foisonnant de concept et de séquences de poursuites aussi chaotiques que barrées, ce premier album marque aussi le retour à la planche à dessins du bien trop rare Nathan Fox (Haunt, Captain Victory, Dark Reign) dont on retrouve ici avec bonheur les compositions nerveuses et son traits pulp et un poil caricatural qu'il expérimentait essentiellement jusque-là sur ses illustrations de commandes (en particulier sur la licence GTA). Epaulé par les couleurs pimpantes et tranchantes d'un Dave Stewart moins sur la retenue que d'habitude, Fox délivre une prestation de haute volée fun et pleine de vitalité, enquillant les exécutions tranchantes, les chutes stupides et les twists cruels. Une sacrément bonne surprise qui démarre plein gaz.

Nathanaël Bouton-Drouard


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