DANS LE SENS DU VENT T.1 : NORD, NORD-OUEST
Hokuhokusei ni Kumo to Ike -北北西に曇と往け - Japon - 2017
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Dessinateur : Aki Irie
Scenariste : Aki Irie
Nombre de pages : 256 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 12 février 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Dans le sens du vent T.1 : Nord, Nord-Ouest »
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LE PITCH
Kei Miyama, un détective indépendant de 17 ans, vit avec son grand-père français en Islande. Comme les autres hommes de sa famille, il dispose d’un pouvoir atypique. Le sien consiste à pouvoir communiquer avec les appareils électriques et les automobiles. Mais sa vie bascule soudainement lorsqu’un détective japonais en congés sur l’île lui annonce l’assassinat de son oncle et sa tante par le propre frère de Kei. Qui croire ? Convaincu de l’innocence de ce dernier, le jeune d...
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Soleil de minuit

Après de bien trop longues vacances Aki Irie la créatrice du délicieux Le Monde de Ran revient avec un nouveau voyage en terres magiques : l'Islande.

C'est d'ailleurs aux cours de ses voyages qu'elle a découvert, et qu'elle est tombée amoureuse, de cette terre qui sert de personnage central à Dans le sens du vent, nouvelle série toujours prépubliée au japon dans la revue exigeante Harta. Un personnage à part entière effectivement tant sa géographie horizontale, ses landes désertifiées, les vents qui l'habitent et le froid omniprésent donnent immédiatement une atmosphère animiste au manga. Les mouvements de l'air, la roche, l'herbe qui vibre, les vols des oiseaux, les nuits étoilés... Des lieux, des espaces, qu'on nous présente presque hors du temps où, comme à son habitude, l'auteur choisit de placer délicatement et lentement ses personnages humains, quitte à parfois les laisser vivoter devant les yeux du lecteur. On rencontre ainsi Kei Miyama au détour d'un virage raté, la voiture renversée... On découvrira peu à peu que cette adolescent japonais (métissé français) se fait détective pour objet et personnages disparus et qu'il possède la capacité de ressentir les émotions des objets mécaniques et électroniques.

 

fraicheur polaire


Un petit côté Kimagure Orange Road (Max et Cie. pour les petits français) mais sans l'hystérie adolescente, confirmé d'ailleurs avec l'apparition d'un grand père volage communiquant avec les oiseaux et une superbe blonde musicienne et pas toujours aimable qui se baigne nue dans les sources chaudes naturelles. Comédie romantique ? Sans doute un peu, mais se laissant porter délicatement par la brise, ne dévoilant ses enjeux qu'avec parcimonie, ne situant le drame familial aux petits contours de polar que dans les tous derniers chapitres du volume. Entre-temps Kei aura longuement airé dans les plaines interminables de l'Islande, effectué un aller-retour express au Japon, retrouvé une flasque de whisky précieuse, rabiboché un couple grâce à leur chien et envoyé une belle créature dans les pattes de son séducteur de grand-père... Un rythme risqué, mais Aki Irie est coutumière du fait et maitrise la manœuvre à la perfection. Surtout, ses talents de dessinatrice, la finesse de son trait, la profondeur délicate de ses paysages, la richesse de ses atmosphères et la grâce de ses personnages ne peuvent que provoquer l'adhésion, introduits avec quelques planches couleurs qui rappellent que la dame est aussi illustratrice-peintre tout court à ses heures perdues. Beau, poétique et très agréablement immersif pour peu que l'on accepte de se laisser porter par la main assurée d'Aki Irie. Si forcément ce premier volume n'a pour l'instant que des airs d'introduction, Le Monde de Ran nous a déjà prouvé qu'il fallait se méfier de l'eau qui dort.

Nathanaël Bouton-Drouard


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