ALIEN 3 PAR WILLIAM GIBSON
William Gibson’s Alien 3 #1-5 - Etats-Unis - 2018/2019
Image de « Alien 3 par William Gibson »
Dessinateur : Johnnie Christmas
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 20 janvier 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Alien 3 par William Gibson »
portoflio
LE PITCH
Des années après les événements tragiques du film Aliens, le vaisseau militaire Sulaco transportant les corps meurtris de Ripley, Hicks, Newt et Bishop est intercepté par l’Union Populaire Progressiste. Ce que l’U.P.P. ignore, c’est qu’un autre passager du Sulaco s’apprête à semer le chaos entre deux forces politiques colossales entrées dans une nouvelle guerre froide…
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Néo-Xéno

Après la suite d'Aliens qui fut, voici la suite d'Aliens qui aurait pu. Un traitement totalement inédit signé par le pape du cyberpunk William Gibson et dont il ne reste quasiment rien dans le long métrage final, mais qui est désormais adapté en bande-dessinée par Dark Horse et traduit par Vestron.

Alors qu'il vient tout juste d'être reconnu comme l'un des leaders du nouveau mouvement littéraire et artistique Steampunk, William Gibson intéresse forcément les studios de cinéma américains et en particulier la 20th Century Fox qui l'aborde pour un hypothétique Alien 3. Un bon moyen de profiter du nom d'un créateur qui a le vent en poupe, mais sans doute aussi d'apporter un angle inédit la saga... Sauf qu'en cette fin des années 80, le studio hésite sur la voie à suivre (et cela ne va d'ailleurs pas s'arranger par la suite), imaginant tour à tour une suite directe, mais aussi un nouveau départ, et ne sachant surtout pas si Sigourney Weaver serait prête à remettre le couvert. A Gibson de se dépêtrer avec des directives parfois contradictoires et une certaine inexpérience dans les codes de l'écriture de scénario. Mais Gibson est un vrai fan des Alien et a d'ailleurs particulièrement apprécié les personnages de Hicks et Bishop qu'il ressuscite au cœur d'un conflit spatial aux airs de guerre froide entre deux factions militaires, scientifiques et idéologiques. Au centre des intérêts des deux camps la redécouverte des xénomorphes et leur potentiel militaire va échauffer les esprits... avant d'accumuler les cadavres.

 

espèce endémique


Un récit nimbé bien entendu des précisions futuristes de l'auteur, en particulier dans son évocation nouvelle des mutations aliens, mais aussi de l'atmosphère paranoïaque des thrillers politiques de la décennie précédente avec un surplus d'action et d'horreur. Plutôt efficace, quoiqu'un peu bavard et statique en l'état, cette proposition est surtout blessée par la place de figurante de la petite Newt et l'absence handicapante d'une Ripley réduite à l'état de victime comateuse, là où l'évolution du personnage méritait effectivement une nouvelle avancée, une symbiose plus prononcée avec ces créatures. Le document, sorte de "what if", reste cependant passionnant pour les amateurs, autant pour les légers ingrédients que l'on retrouvera saupoudrés dans Alien 3 et Résurrection (en particulier la transformation de la créature en fonction de son hôte), mais aussi pour sa fin ouverte, épique et aguichante qui laissait entendre un changement drastique d'échelle pour la suite. Adoubant le projet à distance, voir se réjouissant qu'il lui soit enfin donné vie, Gibson a laissé le soin à l'artiste Johnnie Christmas (Sheltered) et à la coloriste Tamra Bonvillain, de mettre en scène le texte d'origine en s'approchant au plus près de sensations cinématographiques. Son coup de crayon à la fois réaliste et expressif (avec une excellence capture des visages de Lance Henriksen et Michael Biehn) retrouve ainsi avec force les émotions des personnages, tandis que les transformations particulièrement graphiques de certains personnages sont frappantes de fluidité. Mais à l'instar de l'écriture un peu trop figée (des révisions auraient sans doute été effectuées si la Fox avait privilégié cette voie), le découpage et le rythme manque parfois de surprises. A noter que ce même scénario, extirpé des archives du studio, a aussi fait l'objet l'année dernière d'une pièce radiophonique avec les authentiques Lance Henricksen et Michael Biehn dans leurs rôles respectifs... Uniquement en anglais donc.

Nathanaël Bouton-Drouard


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