BIRDMEN T.1
Japon - 2013
Image de « Birdmen T.1  »
Dessinateur : Yellow Tanabe
Scenariste : Yellow Tanabe
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Vega
Date de sortie : 23 janvier 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Birdmen T.1  »
portoflio
LE PITCH
Eishi Karasuma est un collégien très intelligent mais solitaire, il sèche souvent les cours avec son seul ami Mikisada Komoda, un grand gars costaud Un jour où ils sèchent, ils rencontrent Tsubame, une fille très énergique et Rei Sagisawa. Alors qu’ils prennent le bus, celui-ci a un accident. Au bord de la mort Eichi rencontre une légende urbaine : L’Homme-Oiseau.
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Oiseau de bon augure

Remarquée pour le court Lost Princess mais véritablement lancée par Kekkaichi (édité en France par Pika) et son prix Shogakukan, Yellow Tanabe a depuis 2013 entamé une publication de longue haleine avec l'étonnant Birdmen, dérivé de la mode sentai qui vole dans les plumes.

Si en France le succès de Kekkaichi n'a pas forcément aussi été enthousiaste qu'au Japon, sa publication a tout de même permis de découvrir une auteur qui certes joue dans la même cour que nombres de ses camarades avec un style assez simple et épuré, des héros adolescents, du fantastique aux airs quotidien, mais aussi une manière très particulièrement de construire son univers et ses personnages dans la durée. Une capacité à prendre le temps nécessaire, très marqué d'emblée dans les premières pages du premier volume de Birdmen. Les premières 70 pages pour être précis, soit une très longue introduction où les concepts surnaturels sont encore bien lointains, laissant toute la place aux personnages de se découvrir et de s'inscrire dans leur réalité. Un sacré risque dans une BD japonaise, et encore plus un shonen, où d'habitude le maitre mot est « efficacité », mais qui est sacrément payant puisque Eishi Karasuma n'est pas un héros comme les autres, mais plutôt un ado en pleine crise, maussade, critiquant tout et tout le monde, prenant la posture du rebelle incompris et asocial. Pas forcément un personnage des plus sympathiques, il est tempéré par son meilleur ami Mikisada, grand gaillard costaud qui souffre de ses airs inquiétants, puis par les beaucoup plus joviaux Tsubame et Rei.

 

à tire-d'aile


Sans trop en faire, Yellow Tanabe capture parfaitement le quotidien de sa figure centrale, entre agacement et fragilité, et réussit peu à peu à le rendre maladroit, attendrissant, juste avant de faire basculer le titre. Un accident de bus. Un pacte. Quatre jeunes miraculés... Si pour l'instant la petite bande est très loin de maitriser ses nouveaux pouvoirs, bataillant en général juste pour faire rentrer ces ailes qui ont poussé sous le coup de l'émotion, l'univers menaçant qui affleure, cette apparence stylée des Birdmen et la créature qui tombe d'une faille interdimensionnelle, soulignent bien que la série se prépare à une relecture plutôt intéressante, adolescente et émotionnelle, des sempiternels Sentai. Un premier tome franchement bien orchestré, au rythme avançant crescendos à coups de petites révélations, des découvertes réciproques et des notes d'humour toujours bien venues, qui montrent que sans faire du neuf avec du vieux, on peut lui offrir une patine soignée et sincère. Même sentiment du coté de ses illustrations qui certes de sont pas d'une beauté à tomber à la renverse, mais alignent une justesse délicate, des émotions bien posées, des décors à l'économie et un découpage maitrisé. Avec une modestie bien trop rare, Yellow Tanabe accroche son auditoire et signe un excellent début de série. C'est ce qu'on appel faire son nid.

Nathanaël Bouton-Drouard


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