HARLEY QUINN & LES SIRèNES DE GOTHAM
Gotham City Sirens #1-10 - Etats-Unis - 2009/2010
Image de « Harley Quinn & Les Sirènes de Gotham »
Scenariste : Paul Dini
Nombre de pages : 256 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 17 janvier 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Harley Quinn & Les Sirènes de Gotham »
portoflio
LE PITCH
Catwoman, Poison Ivy et Harley Quinn en ont assez de suivre les ordres, et elles sont prêtes à s'emparer d'une Gotham qui leur tend les bras depuis la disparition du Chevalier Noir, perdu dans les méandres du temps. C'est l'occasion pour elle de faire cause commune... mais pour combien de temps ?
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SUper in the city

Série âgée déjà de dix petites années, le Gotham City Sirens de Paul Dini & friends arrive finalement chez nous sous la forme d'un volume unique réunissant les dix premiers chapitres. Une curiosité aux airs girly, retitrée Harley Quinn & Les Sirènes de Gotham pour l'occasion. Rien à voir avec la sortie du film mettant très prochaine en vedette la groupie du Joker bien entendu.

D'ailleurs avec l'arrivée d'un film titré Birds of Prey, les amateurs de comics auraient largement préféré découvrir enfin l'intégrale de la série des 90's scénarisée par Chuck Dixon puis Gail Simon. Que nenni, comme le titre du film l'indique, Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn, met bien plus en avant la blonde peroxydée que les justicières de Gotham. Même pratique donc ici pour Urban Comics qui repèche la publication imaginée en 2009 par Paul Dini, auteur célébrant toujours aussi chaleureusement les figures féminines, dans laquelle il creusait ni plus ni moins qu'un trio de copines occasionnelles formé quelques années plus tôt dans la fameuse série animée Batman. S'inscrivant dans le contexte DC de l'époque, soit une accumulation de coups durs subis par Batman et Catwoman, et l'arrivée prochaine du reboot lancé avec Flashpoint, Gotham City Sirens fait office de parenthèse un peu enchantée pour les trois anti-héroïnes, Catwoman, Poison Ivy et Harley Quinn, qui certes s'allient quelques temps pour faire face à leurs ennemis, mais découvrent aussi la cohabitation dans un gigantesque duplex financé par Selina Kyle. Quelques trames viennent rebondir parfois au milieu de ces pages (un serial killer pas très convaincant, le remplaçant dangereux de Bruce Wayne...) mais clairement Dini préfère se concentrer sur ces demoiselles, leur amitié fragile, leurs différences, mais aussi et avant tout leur résistance face à un monde qui ne leur fait pas de cadeau.

 

this is a maaaan's world


Un monde représenté essentiellement par une gente masculine agressive, violente avec les autres et l'ordre naturel, mais aussi avec leur petit cœur. C'est bien entendu l'occasion de balancer à leur trousse un Mister J. en pleine crise de jalousie (mais avec une surprise bien délirante à la clef) et de rappeler avec naturel que Dini est bel et bien le créateur de Quinny. Son amour et sa connaissance du personnage est d'ailleurs tout aussi manifeste lorsqu'un épisode de Noël lui offre l'opportunité de nous faire découvrir la famille totalement disfonctionnelle de la miss et les origines probables de ses inclinaisons pour les maitres du crime. Un petit coté chroniques de copines, mêlé à une bonne dose de comique de situation, qui fait certainement le charme de ces quelques numéros tout comme la prestation de l'illustrateur March Guillem, qui est d'ailleurs depuis devenu un habitué des titres Harley Quinn et Catwoman. Un trait particulier avec des créatures aux jambes interminables, un soupçon d'école européenne, quelques restes de ses débuts dans la BD érotique, ses planches détonnent agréablement avec la légèreté des situations et esquivent les courbes sexy habituelles de ce genre de productions. Même ressenti d'ailleurs avec les courtes apparitions des collègues David Lopez (All New Wolverine) et Andres Guinaldo (Justice League Dark). Sans être un indispensable, l'album est franchement rafraichissant et permet au passage de retrouver une Harley Quinn certes toujours aussi frivole et délirante, mais encadrée par deux personnalités plus fortes encore. Et ça lui fait du bien.

Nathanaël Bouton-Drouard


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