G.I. JOE : HOMEFRONT T.1
G.I. Joe #1-5 - Etats-Unis - 2013
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Dessinateur : Steve Kurth
Scenariste : Fred Van Lente
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 12 décembre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « G.I. Joe : Homefront T.1 »
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LE PITCH
Tenue secrète jusqu’à présent, l’existence de G.I. JOE est révélée au public alors que Duke et ses hommes affrontent Cobra sur le sol américain.
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You go joe !

Le Real American Hero est de retour en france ! Oui ce fameux G.I. Joe et son armée de bidasses ricains biberonnées à Rambo III et aux discours de Reagan. Pas de blockbuster ou de nouvelles Action Figures, avec Homefront c'est du coté des comics que ça se passe.

Un medium qui malgré la mémoire des amateurs français est pourtant bien celui privilégié par la licence depuis longtemps déjà. Apparu dans les magasins de jouets en 1964 comme une alternative virile à la blondasse Barbie, G.I. Joe a connu un énorme regain commercial au début des années 80 avec un changement drastique de format (désormais des petits bonhommes qui tiennent dans la main) et une série hebdomadaire publiée par Marvel afin d'installer l'histoire et vendre la came. C'est celle-là même qui donnera pas la suite naissance au fameux dessin animé iconique du Club Dorothée où chaque épisode était l'occasion aux G.I. Joe et aux vilains pas beau Cobra de s'affronter selon un canevas bien réglé tout en intégrant les nouvelles gammes de jouets. Même si les deux longs métrages Le Réveil du Cobra et Conspiration ont tenté de faire vibrer la fibre nostalgique sur grand écran, c'est bel et bien cette imagerie ultra manichéenne, nationaliste et franchement pas cérébrale qui est restée dans les esprits par chez nous. D'où (on y arrive) un sacré sentiment de surprise lorsqu'on entrouvre le premier recueil de G.I. Joe Homefront, mini-série publiée en 2013 par IDW et qui démontre la logique de maturation qu'à connu le titre aux USA. Confié aux bons soins de Fred Van Lente (cocréateur de Cowboys & Aliens, auteur récurrent pour Marvel sur Deadpool, Hercule ou Powerman & Iron Fist) la team est clairement entrée de plein pied dans le 21ème siècle.

 

Knowing is half the battle

Elle se débarrasse ainsi de ses costumes de pseudo-ninjas et super-héros du pauvre (quoi que le sociopathe cagoulé et ses crocodiles domestiques...), s'efforçe de contrôler une certaine image publique en affichant un rooster pluriethnique (le chef est blond aux yeux bleu mais bon...) et surtout se lance dans une mission beaucoup plus trouble qu'il n'y parait. Un assaut sur une soi-disant base secrète de Cobra qui se révèle en définitive un piège propagandiste et une occasion pour le scénariste d'évoquer une situation économique et sociale sur le terrain américain très très loin du Golden Age. D'évoquer seulement car malgré des habitants tournant dos à leur pays pour des raisons entendables, rapidement la trame retrouve sa ferveur militaire et les combats ne font pas franchement dans la demi-mesure. Le temps des figurines pour enfants qui se traitent de tous les noms d'oiseaux et ratent systématiquement leur cible est loin derrière eux, ici les G.I. Joe et les Cobra se fusillent joyeusement, s'enfoncent des couteaux dans la carotide, se torturent pour la grande cause et ne ferment pas les yeux sur quelques innocents se prenant une balle perdue. Hésitant entre un regard contemporain et conscient, le second degré d'une B référentielle, et un pur divertissement militaire et explosif, G.I. Joe Homefront perd un peu son énergie et de sa pertinence à courir après tous les lièvres à la fois. Un petit coup de neuf qui aurait sans doute gagné aussi à affirmer son nouvel univers avec un artiste plus percutant que Steve Kurth (de nombreux titres Iron Man, mais surtout beaucoup de G.I. Joe), assez efficace dans ses mises en pages et dans son rythme, mais pas franchement le plus fouillé et le plus constant dans son graphisme. Allez accroche toi soldat, t'es sur la bonne voie

Nathanaël Bouton-Drouard


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