STEINS;GATE T.1
シュタインズ・ゲート - Japon - 2009
Image de « Steins;Gate T.1 »
Dessinateur : Yomi Sarachi
Scenariste : Yomi Sarachi
Nombre de pages : 178 pages
Distributeur : Mana Books
Date de sortie : 2 janvier 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Steins;Gate T.1 »
portoflio
LE PITCH
Rintaro Okabe est un étudiant à l'imagination débridée. Savant fou autoproclamé, il passe ses journées avec deux de ses amis à inventer des objets farfelus dans son "Laboratoire des gadgets futuristes". Lorsqu'ils branchent un téléphone portable sur un micro-ondes, ils découvrent avec stupeur qu'ils ont la possibilité d'envoyer des messages dans le passé ! Ce grand pouvoir implique une responsabilité colossale, mais qui peut prédire ce qu'en feront ces trois otaku ?
Partagez sur :
Big Time Loop

Apparu pour la première fois au Japon en 2009 le premier Steins;Gate, jeu vidéo textuel que les nippons appelé Visual Novel, a depuis connu nombres de variations, réécritures et remakes qui peuvent laisser de marbre les curieux. Adaptation franche et fidèle de la première heure, le manga enfin traduit se présente comme une porte d'entrée accessible.


Comme beaucoup de succes-stories made in Japan, Steins;Gate est passé sur à peu près tous les supports existants, de la série TV au long métrage en passant par les romans et les Drama CD, sans oublier en cours de route les mangas. Premier du lot, le sobrement intitulé Steins;Gate fut publié dans les pages de Monthly Comic Alive avec quelques petites semaines d'avance sur son apparition sur Xbox 360. Un visual novel signé 5pb et Nitroplus, que l'auteur Yomi Sarachi (Mermaid Boys) adaptait donc au départ en se basant sur le scénario de base, les concepts arts plutôt que sur la version totalement aboutie du jeu. Une lecture parallèle en somme qui peut se révéler plus précieuse encore pour les amateurs français puisqu'à la différence du jeu, le manga est désormais entièrement traduit. Avant les multiples spin-off, la série animée et autres bonus parallèle, cette première mini-série en seulement trois tomes revient à la source, décrivant avec une certaine sobriété les expériences temporelles hautement délirantes de Rintaro Okabe et son Laboratoire des gadgets futuristes autant composé de génies précoces, d'hacker obsessionnels que de geeks allumés, avant d'entrainer progressivement le récit avec une ambiance beaucoup plus paranoïaque et alambiquée.

 

bis repetita, bis repetita, bis...


Si une dictature scientifique menée par le SERN peut faire sourire dans les premières pages, tout autant que les incantations volubiles du héros, le suspens va s'installer efficacement aux grés des petites boucles temporelles et des créations de lignes temporelles parallèles. Outre son humour hystérique et la galerie de personnages bien déjantés (la journaliste qui ne communique que par texto, l'assistant en costume de chat...), la grande qualité du jeu Streins;Gate, et par extension du manga, est de triturer dans tous les sens le potentiel d'une machine à remonter dans le temps (ici un micro-onde branché sur un téléphone), oscillant d'un résultat totalement foireux comme une banane gélifiée à des revirements complets de la temporalité, tout en s'appuyant sur des théories éprouvées et en creusant une mécanique dotée de sa logique propre. Une comédie qui vrille au thriller mais avec un curieux fond de crédibilité que capture parfaitement Yomi Sarachi alternant les poses outrées, les élans héroïques et les espaces de vulgarisation au détour d'un dialogue. Pas toujours facile cependant pour le lecteur de trouver une respiration au milieu de ces premiers chapitres qui enquillent en accéléré (par rapport au jeu ou à l'animé) les concepts alambiqués et des bouleversements de la réalité que seul Rintaro semble être capable de percevoir. Un manga en apnée parfois mais doté de l'énergie de Steins;Gate et qui effectivement se révèle être une alternative de qualité.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020