ALIENS, LA SéRIE ORIGINALE VOL.1
Aliens #1-6 - Etats-Unis - 1988
Image de « Aliens, La Série Originale Vol.1 »
Dessinateur : Mark A. Nelson
Scenariste : Mark Verheiden
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 12 décembre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Aliens, La Série Originale Vol.1 »
portoflio
LE PITCH
La catastrophe de LV-426 a été tenue secrète. Newt est enfermée dans un hôpital psychiatrique alors que Hicks poursuit sa carrière de soldat. C’est vers lui que l’Armée se tourne lorsqu’il s’agit d’envoyer des troupes sur une planète identifiée comme étant celle des xénomorphes. Hicks accepte la mission mais refuse de laisser Newt à son triste sort…
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Aliens résurrection

Si la saga des Alien se compte sur à peine plus que les doigts de la main, son pendant comic se conjugue à tous les temps avec une masse imposante de récits inédits, de crossovers délirants (Predator, Batman, Terminator...), et d'expériences graphiques qui ont finalement pour origine une première série Aliens, curieuse excroissance qui proposait une suite directe aux évènements du film de James Cameron.

 

Au temps du 8ème passager, Dark Horse Comics n'était qu'une jeune société d'édition indépendante qui venait de connaitre quelques succès avec Black Cross, Concrete et surtout The Mask, lorsqu'elle frappa à la porte de la 20th Century Fox pour dégotter les droits d'Aliens de James Cameron, lui-même suite martiale du terrifiant Alien de Ridley Scott. Pas d'Alien 3 à l'horizon, empêtré dans une gestation déjà chaotique, la voie est alors toute tracée pour une mini-série qui servirait de suite officielle au dernier métrage en date, imaginant avec quelques années de décalage les retrouvailles de Newt, Hicks et... des aliens. Exit Ripley, mais reste deux être traumatisés par leur premier affrontement avec les xénomorphes, l'une enfermée dans un asile adepte du surdosage et des lobotomies, l'autre se noyant dans l'alcool et l'autodestruction. Avec son graphisme noir et blanc tranché, ses contours bruts signés par un Mark A. Nelson au trait perfectible mais singulier, cette série Aliens impose son atmosphère sombre et désespérée, décrivant une planète mère abimée, une société déshumanisée, avec mélange d'action, d'horreur futuriste et de drame psychologique comme une contraction stylistique punk des deux métrages.

 

voyage retour


Scénariste touche à tout que l'on retrouvera autant du coté de DC que sur des programmes comme Smallville, Battlestar Galactica ou des long-métrages comme The Mask ou Timecop, Mark Verheiden ne manque déjà pas d'ambition lorsqu'il construit ses six épisodes comme une authentique saga de SF adulte, laissant à sa trame le temps de s'installer, de gonfler, alternant entre une mission suicide sur la planète des aliens (avec quelques visions exotiques de l'écosystème local) et la montée inquiétante d'une secte terrienne célébrant la créature. On frôle parfois le kitch de La Planète des vampires de Mario Bava, mais cet Aliens ne manque jamais d'idées abordant les concepts encore inédits de la fascination presque charnelle pour le xénomorphe (Alien 3) ou l'impact des space-jockey (Prometheus). Surprenant pour le moins, l'album se déguste comme une capsule temporelle, le témoin d'une déviation possible qui sera gommée en 1992 avec la sortie sur grand écran du troisième opus et la découverte des cadavres de Newt et Hicks. Dark Horse en sera alors quitte pour une petite réécriture discrète avec un remplacement des noms des protagonistes (Billie pour Newt et Wilks pour monsieur) et un passage par la colorisation informatique pour les rééditions suivantes.

Ici « la série originale » retrouve enfin sa forme première qui certe dévie désormais de la chronologie officielle, mais s'inscrit parfaitement dans les codes et les attentes qualitatives de cet univers foisonnant. Proposé pour la première fois en France, avec au passage une traduction de qualité et un papier glacé du meilleur effet, Aliens, La Série Originale, est un volume qui a tout à fait sa place aux coté des VHS du Alien Saga Box Set... voir du Laserdisc japonais.

Nathanaël Bouton-Drouard


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