CONAN LE CIMMERIEN T.8 : LE PEUPLE DU CERCLE NOIR
France - 2019
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Dessinateur : Park Jae Kwang
Scenariste : Sylvain Runberg
Nombre de pages : 80 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 20 novembre 2019
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Chef de tribu Afghuli, Conan se retrouve mêlé à la vengeance de Yasmina, sœur d’un roi terrassé par les maléfiques prophètes noirs. Après avoir fait prisonnier plusieurs de ses hommes, elle décide d’utiliser le Cimmérien pour lutter contre la magie démoniaque de ces sorciers.
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de sorts et d'acier

Si les écrits de Robert E. Howard consacrés au Cimmérien ont souvent pris la forme de récits courts et prétendument simplistes, il y en a d'autres, nettement plus longs et complexes, qui ont hissé les nouvelles de Conan aux frontières du roman. Avant le mythique L'Heure du Dragon, Howard signe en 1934 Le Peuple du Cercle Noir, qui contient déjà, quelque part, le squelette de son futur roman.

Le royaume de Vendhya se situe en Inde. Une contrée lointaine, qui nourrit dans les lectures et les fantasmes de l'auteur texan l'envie d'y emmener Conan, qui y devient chef d'une bande de cavaliers rebelles afghulis. Une horde d'hommes fiers et loyaux envers leur chef qui déchirent le monde à l'aide de leur cimeterre et aux sons des sabots lourds de leur monture. Mais durant une bataille, Conan perd plusieurs hommes, qui sont capturés et emprisonnés à la cité de Peshkhauri. Une cité qui voit dans le même temps son roi mourir, victime d'une magie noire qui ne laisse d'autre choix à sa sœur bien-aimée, Yasmina, que celui de lui enfoncer une lame dans le coeur pour mettre fin à ses souffrances. Une sorcellerie due à un prêtre nommé Khemsa, élève de l'ordre des prophètes noirs de Yimsha et aux ordres du prince d'un royaume voisin. Dès lors, Yasmina rumine sa vengeance à l'encontre des prophètes noirs. Et qui mieux que le redoutable Conan, pour mettre un terme à leur sorcellerie ?

 

retour en terres lointaines


Comme toujours : nouvel album, nouveaux artistes. Et pour ce huitième opus consacré à une nouvelle parmi les plus exotiques de Howard, la collection dirigée par Patrice Louinet donne logiquement la parole à Park Jae Kwang, jeune dessinateur coréen, issu de l'école de Kim Jung-Gi (la série SpyGames). Un dessin énergique qui conserve, dans sa forme définitive, des crayonnés qui participent activement à une sensation de mouvements permanents qui épousent parfaitement le récit. Côté personnages, visages et expressions évoquent évidemment le manga et notamment Tetsuo Hara (le cultissime Ken le Survivant) lors de ses envolées les plus violentes. Au scénario, Sylvain Runberg (un nombre impressionnant de séries dont l'adaptation du Millenium de Stieg Larsson en BD), qui a fort à faire avec une des nouvelles d'Howard les plus riches en personnages et en noms propres issus de l'Age Hyborien au sein desquels se love une intrigue aux nombreuses ramifications. Machination politique, ordre de sorciers maléfiques, vengeance, histoire d'amour funeste, violence exaltée... Même si la complexité de la nouvelle oblige le recours à des didascalies qui ralentissent un peu le récit et que les textes d'Howard demeurent hors de portée, Runberg réussit tout de même à en livrer la substantifique moelle dans une version habitée. Pas une mince affaire. Le dessin de Park venant parfaire le travail dans ses passages les plus âpres, comme lors de la mort du roi de la main de Yasmina ou bien encore le combat final entre Conan et le sorcier suprême de Yimsha.

Si ce nouvel album pourra donc en surprendre plus d'un par ses choix artistiques et sa forme définitive, on ne peut que saluer, encore, le travail d'adaptation fourni. La collection demeurant une nouvelle fois le récit apocryphe idéal pour entamer le chemin vers les pages, irremplaçables, d'un des plus grands auteurs du siècle dernier.

Laurent Valentin


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