V-WARS T.1 : LA REINE POURPRE
V-Wars #1-5 - Etats-Unis - 2014
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Dessinateur : Alan Robinson
Scenariste : Jonathan Maberry
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Graph Zeppelin
Date de sortie : 10 décembre 2019
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Sous l’effet du réchauffement climatique, les glaces polaires libèrent un virus emprisonné depuis des millénaires. La mutation génétique qu’il entraîne transforme les malades en vampires. Face à cette nouvelle menace, la réflexion des humains non-infectés est brouillée par des conflits idéologiques. Mais suite à un attentat revendiqué par une cellule terroriste vampire, la guerre est déclarée et une chose paraît certaine : le sang va couler à flots !
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Dons du sang

En parallèle de la diffusion de la première saison de son adaptation télévisée sur Netflix (et déjà collégialement taclée), Graph Zeppelin proprose l'alternative beaucoup plus alléchante du comic original signé par le romancier Jonathan Maberry.

Un champion des sagas à succès, du moins aux USA, et qui lui ont valu d'être sélectionné cinq fois au fameux prix Bram Stoker qui s'offre quelques passages récurent du côté des comics avec des mini-séries Wolverine ou un Marvel Zombies Return qui lui sied parfaitement. V-Wars raisonne alors clairement comme une réunion réussie de ses deux passe-temps préférés, mais le projet est aussi plus que cela. Attendu courant Janvier chez le même éditeur, V-Wars était au départ un recueil anthologique de nouvelle dirigé par le même Maberry. Un chef d'orchestre qui créait à l'aide ses collaborateurs un univers partagé imaginant un monde moderne où le gène vampirique aurait été réactivé par un étrange virus. Plutôt que de tourner au World War Z primaire ou de vriller vers les caresses prudes d'un Twilight, le concept tend surtout à questionner les notions de survie, d'espèce et du « vivre ensemble » dans un monde toujours à deux doigts de s'enfoncer dans le feu et le sang. Car la plupart des vampires, en dehors de leur menu particulier et de leurs apparences plus ou moins marqués, ne sont pas forcément des monstres sanguinaires juste des... mutants.

 

viral


Ce petit quelque-chose des X-Men d'autrefois, le pendant comics de V-Wars le met très naturellement en avant en explorant avec beaucoup plus de précision les conséquences de cette guerre civile en s'attachant au destin d'une troupe d'assaut spécialisé appelé V8, au sein de laquelle le spécialiste et pacifiste Luther Swann tente de trouver une issue. Si le découpage en chapitres, presque, indépendants et la sensation constante de n'observer qu'un segment de la saga, atténue un peu l'implication émotionnelle, le comic réussit cependant parfaitement à creuser toutes les questions humanistes et civilisationnelles qu'il aborde. Les vampires ne sont, tout comme les zombies dans Walking Dead, un simple prétexte, un alibi, une catharsis pour aborder les notions de racisme, de religion, de patriotisme, de devoir et d'union des peuples. Presque une BD de guerre comme certains auteurs savaient les faire autrefois sur le Vietnam ou la Corée, où les bonnes consciences et les bonnes intentions en prennent plein la tronche à chaque nouveau massacre perpétré soit par une horde de Nosferatu sectaires soit par des militaires motivés par la rage. V-Wars vise donc assez juste en bataillant contre le manichéisme trop évident de ce genre de titres et en tissant progressivement un arrière-plan politique assez pertinent. Il vise un peu moins juste avec l'illustrateur Alan Robinson (Retour vers le futur, L'Escadron perdu) aux airs de Steve Dillon mal dégrossi qui certes appuie méchamment sur les débordements gores et les élans plus grotesques, mais manque clairement de stabilité dans son trait et de finesse pour insister sur les détours réalistes de la série. Mais même avec ce (petit) handicap, V-Wars écrase sans difficulté son équivalent télévisé.

Nathanaël Bouton-Drouard


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