LE SERPENT ET LA LANCE ACTE 1 : OMBRE-MONTAGNE
France - 2019
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Dessinateur : Hub
Scenariste : Hub
Nombre de pages : 184 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 20 novembre 2019
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Depuis plusieurs mois, certains paysans découvrent les cadavres momifiés de jeunes femmes sauvagement assassinées. Afin d’éviter tout trouble, les autorités tentent de dissimuler ces horribles meurtres à leur peuple. L’enquête est discrètement confiée à Serpent, un haut fonctionnaire cruel privé de ses deux bras. De son côté, le prêtre Cozatl s’adjoint les services de son ami d’enfance, OEil-Lance…
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Le Sang précieux

Après avoir impeccablement conclu ses cycles dédiés à Okko, Hub quitte le Japon féodal pour remonter plus loin encore, vers la civilisation méconnue des aztèques. L'auteur pousse même le vice à se décaler de l'aventure attendue pour plonger dans un polar historique opaque, avec ce petit quelque chose du Nom de la Rose sous le soleil de Mexico.

Quelques années avant l'invasion espagnole, la cité de Tenochtitlan est ainsi frappée par la découverte de multiples corps momifiés de jeunes filles semblant rappeler un lourd secret au roi et d'autres membres du gouvernement. Le pouvoir tremble et deux hommes sont envoyés, de gré ou de force, sur les traces de ce qui s'apparente à des crimes rituels. Le Serpent, assassin secret machiavélique et Œil-lance, commerçant plus que malin rendant service malgré lui à un ami d'enfance. Bien entendu tout ce petit monde se connait, à suivis la même éducation sous la surveillance du guerrier Ombre-Montagne, justement disparu dans la nature. Annoncé comme un triptyque de 500 pages, Le Serpent et la Lance tisse dès ses premières pages un authentique thriller historique où tout semble interconnecté (passé et présent, héros et personnages secondaires) s'imprégnant brillamment des cultes et des mythes aztèques pour lui donner une aura mystique supplémentaire.

 

un criiiiime


Un exercice finalement assez proche du roman de Paulo Coelho dans la manière de mêler les codes d'un genre avec une découverte richement documentée d'une civilisation tout de même largement méconnue, en particulier avant qu'y soit porté le regard des colons européens. Le décor, les us et coutumes, la religion, les arts et le langage, tout cela donne une toile de fond certes exotique mais surtout particulièrement mystérieuse qui effectivement nécessite un petit temps d'adaptation de la part du lecteur. D'autant plus que les évènements et les temporalités semble parfois se percuter au grès des indices et des souvenirs. D'ailleurs Hub manipule clairement ici un jeu constant des contrastes et des décalages, optant pour le thriller macabre dans un paysage particulièrement lumineux, introduisant un serial killer dans une cité adepte des sacrifices sanglants au dieu Soleil, pratiquant un réalisme qui flirte constamment avec le fantastique primitif comme pouvait le faire de manière plus brutale Mel Gibson dans Apocalypto. Mais finalement la principale discordance reste le relatif sérieux de Le Serpent et la Lance, son approche adulte et sombre, avec le graphisme moderne et dynamique de Hub, retrouvant son énergie nourrie de manga et de comics et ses personnages ultra typés avec de petits airs de héros de comédie pour la revue Spirou. Comme pour Okko, le tableau d'ensemble finit par fonctionner parfaitement grâce à une écriture fleuve, la solidité des personnages et cette sensation constante d'avoir le pieds fermement encrés dans une réalité ethno-historique envahie par l'atmosphère étouffante d'un Seven. Faut-il préciser que l'on attend la suite avec impatience ?

Nathanaël Bouton-Drouard


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