MIDNIGHT TALES T.4
France - 2019
Image de « Midnight Tales T.4 »
Nombre de pages : 152 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 31 octobre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Midnight Tales T.4 »
portoflio
LE PITCH
Transylvanie, 1993. Hannah, Courtney et Jessica, trois touristes américaines, voyagent en stop à travers la Roumanie parées de leur tente et de leur sac à dos. Un des autostoppeurs les dépose aux portes d'un inquiétant village, refusant d'aller plus loin. Ce dernier est rongé par la peur des vampires, comme tous les habitants de la région. Quelques semaines plus tard, Sheridan et Johnson partent sur les traces des trois jeunes filles mystérieusement disparues...
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Filles de Gaïa

Quatrième volume et déjà le dernier... de la première saison. Les sorcières de Mathieu Bablet finissent de prendre leur marque et de réviser leur formule avant de révéler tous leurs charmes. Cinq nouvelles ensorcelées, inquiétantes et envoutantes servies par la crème du Label 619.

Le concept initié par Bablet en mai 2018 a effectivement lentement pris forme, se dessinant langoureusement au grès des voyages aux travers des cultures, des mythologies et des genres, mais aussi et surtout d'auteurs et d'illustrateurs. Si le créateur de Shangri-La est souvent dans le coin, livrant quelques récits, dessinant quelques pages et supervisant le tout, les planches ultra fluides, presque liquides, de Loïc Sécheresse, n'ont pas grand-chose à voir avec la stylisation nerveuse de The Neb Studio. Ces contrastes plus ou moins marqués, mais toujours déportés avec une certaine délicatesse, nourrissent constamment un univers qui se façonne en arrière-plan. Celui d'un ordre féminin, d'ensorceleuses, de sorcières (dans le sens noble du terme), parfois courageuses et fières défenseuses de la planète et des hommes, mais aussi parfois simples adolescentes en vadrouilles, lycéennes ou gamines un peu paumées... Les notes d'intentions sont largement étayées dans les nombreux bonus qui agrémentent les volumes, avec ici des documents, façon vieux Strange, sur les créatures croisées, la sorcellerie dans l'antiquité et les thèmes écologiques et féministes qui servent de fondation à l'ensemble.

 

chaudron bouillonnant


Après un voyage remarquable du coté du Japon dans le précédent volume avec, en autre, un très réussi drame intergénérationnel sur fond de champignon atomique, ce 4ème tome emporte le lecteur en 1977 sur les bord d'un lac Ontario hanté par de multiples disparition et un monstres très « Universal », du coté de Coney Island pour une version young des Guerriers de la nuit avec un automate divinatoire qui modifie les réalité, un bébé métaphorique dans la torpeur de l'Afrique du Sud et un road trip dans les Carpates qui tourne vraiment au film d'horreur. De vraie petites réussites introduites par le très court mais diablement efficace Kyriarchie, suivant la virée cauchemardesque de Maelisse, petite étudiante qui monte simplement sa rame de métro pour rentrer chez elle. Nous sommes à Paris en 2019 et entre les démons « wesh-wesh », les pervers paternalistes et les succubes du « en même temps tu as vu comment tu t'habilles ? », cette difficile progression jusqu'au wagon de tête occupé par un Homme-cerf affichant fièrement sa virilité, capture parfaitement l'actualité et le quotidien des françaises. Dernier élan avant le saut vers une second saison que Mathieu Bablet nous annonce plus concentré sur l'organisation de l'Ordre de minuit, sa mission et sa part d'ombre, ce quatrième volume s'avère sans doute l'anthologie la plus réussie, en tout cas la plus homogène qualitativement. Rien à jeter.

Nathanaël Bouton-Drouard


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