ROBOCOP: CITIZENS ARREST
Robocop: Citizens Arrest #1-5 - Etats-Unis - 2018
Image de « Robocop: Citizens Arrest »
Dessinateur : Jorge Coelho
Scenariste : Brian Wood
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 24 octobre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Robocop: Citizens Arrest »
portoflio
LE PITCH
Après sa relecture musclée de Terminator, Vestron poursuit sa collection Brian Wood en traduisant sa vision de l’univers Robocop. Un autre phénomène mécanique des 80’s, une autre icône du genre qui semble parfaitement à l’aise, elle aussi, entre ses mains.
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I'd buy that for a dollar !

Après sa relecture musclée de Terminator, Vestron poursuit sa collection Brian Wood en traduisant sa vision de l'univers Robocop. Un autre phénomène mécanique des 80's, une autre icône du genre qui semble parfaitement à l'aise, elle aussi, entre ses mains.

Trip SF ultra violent et critique envers la société américaine des années 80 le Robocop de Paul Verhoeven n'a finalement pas pris une ride, que ce soit dans son efficacité formelle que dans sa description exagérée des dégâts du libéralisme et la propension d'un pays à se vendre au plus offrant en échange de sécurité apparente. Avec de la distance, Brian Wood ne fait que s'incliner devant le concept initial, quettant juste le meilleur moyen pour le rendre plus proche encore du lectorat moderne. Fin écrivain et auteur malin il opère donc un bon en avant de quelques années pour décrire le nouveau Détroit, citée qui a définitivement bradé ses représentants de la loi au consortium privé R/cop, que le nouveau dirigeant dresse comme un parangon de moralité et un modèle de développement idéal. Robocop est has-been, Murphy et son cerveau verrouillé par un logiciel espion a été oublié dans un triste pavillon de banlieue... peu importe la super appli R/cP vient de voir le jour et va permettre à tout un chacun de dénoncer son voisin dans l'espoir de récolter quelques primes au passage.

 

bien visé garçon


Cité propre sur elle mais surveillée par de nouvelles machines pas franchement compréhensives, maire absent, services publics tous mis au chômage du jours au lendemain, aides sociales annulées et répression de plus en plus expéditive... Ce n'est pas de la science-fiction mais bien le monde actuel qui est décrit par Brian Wood. Il a beau reprendre d'ailleurs les codes de Verhoeven, recouvrir tout cela d'un cynisme brutal, d'une ironie burnée, en particulier par le biais de journalistes TV sans doute inspirés par Fox News et BFM TV, Citizens Arrest est, comme le long métrage, une œuvre à l'humour très noire mais lucide. Là, on retrouve clairement le créateur de DMZ qui délaisse bien souvent le pauvre Robocop, plus un symbole qu'un véritable moteur de l'action, au profit d'un ancien flic dont l'esprit de rébellion va mettre le feu aux poudres et permettre de renverser, à terme, le pouvoir. Une seconde partie peut-être un plus classique que les fascinantes pistes d'anticipation des débuts, mais qui joue là encore avec les attentes des fans, renouant avec des idées de Robocop 2 et 3 (les bonnes hein) pour se diriger vers un final improbable digne d'un buddy-movie. Un prolongement plutôt réussi donc, auquel il ne manque finalement vraiment qu'une approche graphique plus roots que celle choisie par Jorge Coelho. Un artiste portugais ayant déjà œuvre sur John Flood, Rocket Racoon ou le Haunted Mansion de Disney, qui délivre des personnages relativement délicats, aux traits fins et légers, des décors bien trop propres voir aérés et des couleurs éclatantes, là où bien entendu une palette plus anxiogène et des matières plus crasses auraient mieux accompagnés le retour de ce Robocop « Fabriqué avec du métal américain... et les couilles de Détroit ».

Nathanaël Bouton-Drouard


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