GERARD WAY PRéSENTE DOOM PATROL VOL.1
Doom Patrol #1-12 - Etats-Unis - 2016/2018
Image de « Gerard Way présente Doom Patrol Vol.1 »
Scenariste : Gerard Way
Nombre de pages : 352 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 11 octobre 2019
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Casey Brinke, une jeune ambulancière sans histoire, fait la rencontre fortuite de Cliff Steele alias Robotman, et se voit projetée dans un univers surréaliste où l'imagination a depuis longtemps pris le pouvoir. Elle y croise d'étranges personnages, des parias, mis au ban de la société en raison de leurs pouvoirs hors-normes ou de leurs handicaps physiques, et décide de se joindre à eux pour contrer la conspiration. Ensemble, ils forment la Doom Patrol, et comptent bien redéfinir les l...
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There is no wrong way

Actualité télé oblige, la délirante Doom Patrol s'offre un comeback débattu avec aux commandes le Gerard Way du groupe My Chemical Romance mais aussi cocréateur du comic Umbrella Academy lui-même passé avec succès du côté de Netflix.

D'ailleurs, le scénariste n'avait jamais caché dès le lancement de son comic contant les aventures temporelles, cosmiques et apocalyptiques de cette curieuse superfamille, qu'une de ses principales influences avaient été le Doom Patrol de Grant Morrison. Un run que Way célèbre une nouvelle fois en pré et postface de cet ouvrage, soulignant l'impact qu'il eut sur son adolescence et le modèle de liberté et de fantaisie qu'il fut pour la création du label Young Animal, dirigé par Way en personne et censé combler la disparition de la branche Vertigo. Cette relance des aventures de la bande imaginée par Arnold Drake en 63 s'apparente ainsi à une suite directe, mais tardive, des épisodes de Morrison avec le retour en grandes pompes de figures connues comme Mister Nobody désormais accompagné de sa fraternité du Nada (au lieu de Dada), ou Danny The Street réduit à une ambulance beaucoup plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur (ring a bell?). Abordant ces clins d'œil ou ces reprises comme un authentique fanboy trépignant à travers les pages, le scénariste ne convainc pas toujours lorsqu'il s'approche trop près de son modèle, jusque dans cette reprise de constructions imbriqués où les éléments les plus saugrenues trouvent un semblant de révélation quelques chapitres plus loin, avec ici un angle méta à la fois un peu poussif et timide.

 

rebootage


En dessous certainement, mais pas honteuse loin de là, cette nouvelle série répond aux déflagrations punks vénères du premier par une ballade plus pop et progressive, abordant l'univers bigarré et très malléable de la Doom Patrol avec une écriture beaucoup plus légère et lumineuse. Un petit changement apporté justement par la toute nouvelle figure centrale, Casey Brinke, jeune femme aux pouvoirs à peine éveillés, qui embrasse fougueusement le terrible bordel qui poursuit inlassablement Robotman et sa clique, mais qui sert aussi de reflet plein d'optimisme, de curiosité et de candeur au point de vue de l'auteur. Clairement Gerard Way prend un pied manifeste à mettre en scène la schizophrène Crazy Jane ou le très sain Flex Mentallo et cela fait presque systématiquement oublier les maladresses de certains messages sociétaux, les trames laissées en jachère sur le bord de la route ou les petits dialogues pesant pour profiter plus franchement d'une virée totale à travers la réalité des comics (et du jeu de rôle Dungeon & Dragons) accompagné par les planches tout simplement splendides du trop méconnu Nick Derington. Oui le petit génie qui a déjà dessiné les couvertures de Mister Miracle, et artiste adepte de la ligne claire impose une fausse simplicité, une forme d'évidence visuelle, qui sublime et clarifie les concepts parfois bien chaotiques de son compère. Et même lorsqu'il laisse la main le temps d'un épisode totalement gag ou un voyage vers une parodie du Sourire du dragon, ce sont les tout aussi doués Michael Allred (X-Statics) et Tom Fowler (un échappé de Mad) qui relance la machine. Que l'on perde la tête d'accord... mais qu'on le fasse en beauté !

Nathanaël Bouton-Drouard


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