TERMINATOR : SECTOR WAR
The Terminator : Sector War #1-4 - Etats-Unis - 2018
Image de « Terminator : Sector War »
Dessinateur : Jeff Stokely
Scenariste : Brian Wood
Nombre de pages : 96 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 26 septembre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Terminator : Sector War »
portoflio
LE PITCH
Deux Terminators ont été envoyés en 1984. L’un à Los Angeles, pour tuer Sarah Connor, l’autre à New York, pour éliminer Lucy Castro, femme flic dans l’un des pires quartiers de la ville. Isolée et incapable d’appeler des renforts, Lucy doit survivre aux attaques du cyborg pour accomplir son destin.
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he's back Allready

Editeur de Ciné-Comics comme il le dit lui-même, Vestron entame ici une nouvelle mini-collection dédiée au scénariste Brian Wood (DMZ, Northlanders) qui depuis quelques temps s'amuse comme un petit fou avec les licences cinéma détenues par Dark Horse.

Avant de découvrir sa vision de Robocop et ses divers épisodes d'Aliens, voici donc Sector War un chapitre inédit de la saga Terminator. Pas une nouvelle dérive dans le futur post-apocalyptique de Skynet ou une itération douteuse d'une chronologie rendue chaotique par des suites « régénérées », mais un simple flashback jusqu'à cette douce année de 1984 durant laquelle un premier terminator semait le chaos dans les rues de Los Angeles, prenant pour cible une simple serveuse : Sarah Connors. Petit malin et manifestement grand amateur du film de James Cameron, Brian Wood imagine qu'une seconde machine aurait été envoyée en parallèle sur la piste de Lucy Castro, femme-flic dont la progéniture sera l'une des meilleures alliers de John Connors. Dans le métrage l'héroïne grandissait progressivement aux cotés de son défenseur Kyle Reese. Ici la jeune flic sait d'embler se défendre toute seule et prend méchamment en main son destin après en avoir bien soupé de la gente masculine. Une héroïne vraie de vraie, armée et latino de surcroit qui permet à Wood de retrouver à la fois l'énergie percutante et musclée du film d'origine, sans jamais se détourner de son essence de série B inspirée, tout en poussant plus loin encore le décorum d'une citée urbaine crasseuse et dangereuse.

 

judgment day (et des poussières)


Dans les grandes lignes le scénario ne fait effectivement que reprendre les jalons de son modèles, mais il le fait avec un panache certains, s'amusant de quelques variations bienvenues, des codes attendus de l'actionner 80's et d'un budget cascades et destruction pas franchement assujetti aux mêmes barrières. Un BD d'action franche et directe, spectaculaire et efficace, avec un soupçon de réalisme social et de féminisme bien ancré qui donne lieu à une lecture racée et vive, prenante mais presque trop courte. Une très bonne surprise, même si à l'annonce, la présence de l'artiste Jeff Stokely semblait bien curieuse. Illustrateur surdoué de Six-Gun Gorilla et The Spire, son trait est bien plus délicat, atmosphérique et européen que le tout venant des comics. Pourtant la cohabitation est parfaite tant l'énergie du dessin, son réalisme détaillé et décalé dote ce Sector War d'une âme inédite, peut être plus complexe qu'il n'y parait. Même son Terminator qui, sans doute pour des raisons de droits, ne ressemble pas vraiment à ce cher Arnold, y trouve une identité propre, plus fluide mais non moins dangereuse... Son face à face avec Lucy Castro est sacrément spectaculaire, et son avancée implacable, ralentis à coups de mitraillettes, d'obus et autres explosifs généreusement garnis, toujours aussi iconique, en particulier lorsque le sourire émailles d'argent du T-800 fait son entrée. Est-ce que le nouveau Terminator Dark Fate fera aussi bien ? Pas sûr...

Nathanaël Bouton-Drouard


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