THE KONG CREW T.1: MANHATTAN JUNGLE
France - 2018 / 2019
Image de « The Kong Crew T.1: Manhattan Jungle »
Dessinateur : Eric Herenguel
Scenariste : Eric Herenguel
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 4 octobre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « The Kong Crew T.1: Manhattan Jungle »
portoflio
LE PITCH
1947, quatorze ans après la victoire de Kong, Manhattan a été évacuée et l'île est désormais une zone interdite, surveillée par la Kong Crew, une escadrille de pilotes parmi lesquels nous rencontrons le jeune et impétueux Virgil ! Alors qu'un scientifique et un journaliste entrent dans Manhattan, illégalement, la Kong Crew est dépêchée sur place pour tenter de retrouver les deux intrus…
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Sans chuter

Dans un premier temps proposé sous la forme épisodique et comics chez le petit éditeur Caurette, The Kong Crew s'offre une seconde vie plus baraquée chez Ankama avec un premier album à la couverture massive et spectaculaire. Impossible de faire moins pour une BD censée contenir la puissance du roi des singes.

Illustrateur et scénariste œuvrant dans la BD franco-belge depuis la fin des années 80, Eric Hérenguel, créateur entre autres de la série Krän, a eu une petite idée de génie avec The Kong Crew. Une idée pourtant tellement évidente qu'on s'étonne que personne n'y avait pensé jusque-là : et si King Kong avait gagné son combat contre l'armée américaine et s'était emparé de Manhattan ? Un vrai pitch de dystopie popcorn, un départ éclatant pour une aventure pulp et exotique croisant généreusement les grands films de monstres d'autrefois (et en particulier le classique de 33), les romans de gare, les serials, les aventures de Tarzan et autres mondes perdus. Du gros melting-pot qui joue la carte de la vraie aventure, sans distanciation ou ironie, avec son héros pilote, charmeur et décontracté, son scientifique loufoque qui met tous les autres en danger sans s'en rendre compte, là jolie blonde aux airs de pinup et une tribu d'amazones modernes mais non moins dangereuses.

 

enfer vert


Bien rythmé, plaisant dans ses petites trames parallèles qui finiront immanquablement par se croiser, attachant dans ses clins d'œil au Hollywood des 50's et très malin dans son utilisation plus que parcimonieuse du fameux Kong, The Kong Crew reste cependant une BD qui met surtout en avant sa démesure visuelle et son potentiel exotique. Artiste aux contours très franco-belge (et ça n'a rien de péjoratif), Eric Hérenguel surprend justement par ce croisement entre une ligne claire fluide, expressive, et un sens du grand spectacle beaucoup plus proche des traditions outre-Atlantique. La première découverte des restes de Manhattan pose immédiatement l'ambiance avec ses bâtiments effondrés et déjà recouverts d'une végétation invasive, et le reste est à l'avenant avec un dogfight digne de Top Gun avec des ptérodactyles aux trousses et une gigantesque main velue qui vient achever méchamment la traque. Cette technique de l'enchainement implacable autant qu'improbable des échelles monstrueuses renvoie directement au King Kong de Peter Jackson. D'ailleurs, si The Kong Crew est un démarquage du chef d'œuvre de Cooper & Schoedsack, il n'en reste pas moins extrêmement fidèle à sa source, voir amoureux, autant dans son utilisation d'une meute de raptors que de l'évocation spectaculaire d'un monde urbain revenu à un état sauvage aussi menaçant qu'attractif avec ses contours de paradis retrouvé. Manhantan Jungle c'est finalement ce qu'on attendait désespérément d'un film comme Skull Island. Ici menace encore lointaine, le roi retrouve sa puissance et une part de sa poésie sauvage.

Nathanaël Bouton-Drouard


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