DOGGYBAGS T.14
France - 2019
Image de « Doggybags T.14 »
Dessinateur : Neyef, Ivan Shavrin, Prozeet
Scenariste : Run, Armand Brard, Mud
Nombre de pages : 120 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 6 septembre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Doggybags T.14 »
portoflio
LE PITCH
DoggyBags revient d'entre les morts et signe son grand retour avec 3 nouvelles histoires à vous glacer le sang !
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Back From the Dead

Tels les revenants qu'elle célèbre depuis quelques années maintenant, Doggybags revient d'entre les morts avec trois nouveaux récits terrifiants et une poignée de bonus glauques au possible.

Enterrée (vive ?) il y a trois ans par le grand patron Run qui craignait l'album de trop, la revue anthologique Doggybags n'a jamais vraiment quitté l'actualité. Compilation des meilleurs récits, one shot plus corsé et numéro spéciaux se sont poursuivis comme si la bête refusait d'accepter sa fin précipitée. A force de réclamation des fans et de vraies envies de la part de l'équipe du label 619, Doggybags revient finalement sur les étals pour un 14ème numéro et le lancement d'une seconde saison que l'on espérait aussi méchante et corsée que la précédente. Pourtant cette relance ne se vautre pas comme attendue dans le stupre et le gore, préférant clairement jouer sur ses ambiances et une certaine fatalité. Il faut dire que, sans vraiment l'annoncer, le thème de ce volume est la mort. Oui, tout simplement.

 

y a de beaux restes


Personnifiée comme dans Da Smyert et son triste récit de truands dans une ville fantôme du Kazakhstan qui a force de pousser le destin vont se retrouver face à la faucheuse en personne. Une mort apparente dans l'angoissant Glasgow qui plonge directement dans les visions suffocantes d'un homme prisonnier de son propre corps. Une mort longtemps repoussée dans Shadow of Death où l'on découvre que les bourreaux accumulent les années généreusement retirées à leurs victimes, façon Highlander mais en beaucoup plus mortel. Une mort programmée dans la courte nouvelle de Tanguy Mandias où les trolls violents deviennent réalité, mais avec un bon retour de Karma dans la face. Les tons sont assez disparates, mais relativement sérieux et sombres, et toujours surtout avec cette sensation de lire de l'inédit et du « nulle part ailleurs ». Peut importe que les premières pages d'Arman Brad et Prozeet s'emballent en queue de poisson ou que le Shadow of Death de Run et Neyef reste un peu trop à distance des sévices qu'il évoque, efficacité de la narration et personnalité visuelle sont toujours au rendez-vous. Bien entendu l'incontournable du numéro reste le glaçant Glasgow, dans laquelle MUD évoque sa propre expérience du syndrome (son interview explicative est tout de même bien flippante) pour faire illustrer par Ivan Shavrin un cauchemar éveillé dans lequel les agissements du corps médical sont perçus comme d'atroces tortures et les tentatives de le ramener à la vie comme une prédation d'un croquemitaine en blouse blanche. Terriblement efficace et dérangeante la trentaine de pages méritait à elle toute seule qu'Ankama ressuscite  Doggybags.

Nathanaël Bouton-Drouard


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