MAUDIT SOIS-TU T.1 : ZAROFF
France - 2019
Image de « Maudit sois-tu T.1 : Zaroff »
Dessinateur : Carlos Puerta
Scenariste : Philippe Pelaez
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 13 septembre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Maudit sois-tu T.1 : Zaroff »
portoflio
LE PITCH
2017, un homme est retrouvé mort dans les égouts de Londres. L’enquête se dirige rapidement vers la petite amie du défunt, car leur liaison a été arrangée par leur employeur commun, Nicholas Zaroff. Ce mystérieux oligarque russe n’a en fait qu’un seul but : se venger de ceux qui, 170 ans auparavant, ont causé la perte de son aïeul. Pour y parvenir, il va réunir leurs quatre descendants et les traquer dans une vaste chasse à l’homme…
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Le Choix des armes

Piochant dans les classiques de la littérature fantastique, la minisérie en trois tomes Maudit sois-tu entend réorganiser ses curieux univers gothiques en une saga généalogique obscure et inquiétante. Titré sobrement Zaroff, le premier chapitre n'arrive malheureusement pas toujours à se hisser à la hauteur de ses illustres modèles.

Le concept est, il faut l'avouer, pour l'instant encore assez opaque dans ses ramifications. Trois tomes donc, qui vont décrire à rebours une vengeance aveugle pour en révéler peu à peu les causes. Avant les futurs Moreau et Shelley se déroulant respectivement en 1848 et 1816 voici donc Zaroff s'inscrivant dans un très contemporain environnement londonien de 2019. Dans cette modernité logique, le traquenard tendu par Nicholas Zaroff, descendant direct du fameux organisateur de chasse à l'homme en pleine jungle, résonne comme un anachronisme voulu. Le riche milliardaire et sa moustache à la Howard Hugues, l'arbalète sur l'épaule, accompagné de son hybride échappé d'un classique Universal, use d'ailleurs de stratagèmes éculés pour attirer dans sa toile les descendants de Mary Shelley, Charles Darwin, Emily Brontë et Richard Burton (« l'aventurier pas l'acteur » nous précise un personnage), question de revivre en direct les plus belles séquences de The Most Dangerous Game de Cooper & Schoedsack.

 

3ème génération


Le scénariste Philippe Pelaez (Parralèle, Fièvre) est cultivé et manie amoureusement ses figures autant historiques que romanesques, mais aussi sa fibre cinématographique piochant ses inspirations du coté des racines du cinéma fantastique, citant les créateurs de King Kong, mais aussi le précurseur Island of Lost Soul de Erle C. Kenton en invoquant dans le paysage un Docteur Moreau toujours adeptes des expériences à la Frankenstein. Des ingrédients intéressants qui servent de fondations mythologiques à une bande dessinée peinte entre ultra-réalisme et atmosphères macabres par le Carlos Puerta de Baron Rouge. Ses illustrations à la lisière du photoréalisme (et certains visages ne font aucun doute), qui certes offre un tableau d'ensemble luxueux, mais qui tend souvent vers l'immobilisme, la sensation de figée du roman-photo. Trop civilisé presque, là ou une belle dose de sauvagerie, d'horreur viscérale aurait été bienvenue. Cette sensation de froid et de retenue est tout autant perceptible dans le déroulé de l'histoire, à la mécanique relativement lente, laissant les pions avancer doucement pour s'achever sur une traque trop rapide et à l'issue quelque peu expédiée. Une première pierre en demi-teinte pour une trilogie à venir et dont on n'arrive pas forcément à percevoir sur quel mystères insondables vont pouvoir rebondir les albums suivants. Mais une bonne surprise n'est jamais exclue.

Nathanaël Bouton-Drouard


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