FARMHAND T.1
Farmhand #1-5 - Etats-Unis - 2018
Image de « Farmhand T.1 »
Dessinateur : Rob Guillory
Scenariste : Rob Guillory
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 4 septembre 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Farmhand T.1 »
portoflio
LE PITCH
Jedidiah Jenkins est agriculteur, mais il ne cultive que des organes humains « plug-and-play » à croissance rapide capable de réparer les corps. Perdre un doigt ? Besoin d’un nouveau foie ? Il a ce qu’il faut. Malheureusement, les étranges substances qu’il utilise ont quelques effets secondaires. Dans les profondeurs du sol de la ferme familiale Jenkins, quelque chose d’effrayant a pris racine et commence à grandir.
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Ecosystémique

Illustrateur de l'affamé Tony Chu Détective Cannibale, Rob Guillory revient tout seul comme un grand avec la nouvelle série Farmhand, petite chronique familiale douce amère... avec beaucoup de bouts de viande et de créatures grotesques dedans.

Manifestement la tonalité totalement déglinguée et incorrecte de Tony Chu n'était absolument pas due uniquement à l'imagination débordante de John Layman, mais aussi aux inspirations de son illustrateur. La preuve donc avec sa première création solo, Farmhand, dans laquelle on retrouve bien entendu cette patte graphique très cartoon, caricaturale, presque légère qui avec ses traits excessifs et expressifs donne une distance nécessaire à un pitch euh.... Improbable. Il est en effet question ici d'un gentil (?) fermier devenu l'inventeur à la pointe d'un nouveau système de greffes organiques où les greffons poussent comme des plantes vertes. Un secret venu d'ailleurs (de l'espace ? de l'au-delà ?) que les services secrets mondiaux convoitent, mais dont les effets secondaires parfois spectaculaires et inquiétants sont dissimulés au grand public. Entre les questions sur la bioéthique, sur le respect du vivant et les dangers de « l'homme augmenté », Guillory brasse de nombreuses réflexions pertinentes, mais ne les abordent jamais avec sérieux, préférant se jeter généreusement dans une ambiance de série B (voir Z) chaotique où l'étrangeté de la situation initiale semble avoir déjà contaminé toute la région.

 

approuvé par Bayer


C'est bien simple entre les cochons aux entrailles végétales, la candidate écolo aux municipales aux yeux rétractables, une chenille géante que seul un gosse peut voir et les multiples disparitions qui s'amoncellent, à côté la bourgade de Twin Peaks ressemblerait presque à un modèle de sobriété. Une atmosphère de folie furieuse, de décadence totale, dans laquelle la petite famille Jenkins tente de se reconstruire après des années de bouderies et de carrières foirées. Secrets à tous les étages, évènements du passé qui reviennent hanter les lieux, greffons qui se font la malle et anciens patients aux comportements violents et aux airs envahisseurs viennent nourrir les pages resserrées et compactes de ce premier tome bien dosé en humour noir, plus que généreux en trames multiples et franchement craspec dans son étalage de membres humains pendouillants sur une végétation qui a toutes les raisons de se la jouer revancharde. En multipliant les enjeux et les sous-intrigues, en enquillant les révélations absurdes, Rob Guillory impose à Farmhand un rythme presque frénétique, hérité des cartoons de Tex Avery, et donne à sa création une première impulsion ébouriffante. Une farce vacharde aux effluves d'une certaine gravité.

Nathanaël Bouton-Drouard


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