CONAN LE CIMMERIEN T.6
France - 2019
Image de « Conan Le Cimmerien T.6 »
Dessinateur : Virginie Augustin
Scenariste : Virginie Augustin
Nombre de pages : 72 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 12 juin 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Conan Le Cimmerien T.6 »
portoflio
LE PITCH
Après avoir eu l’occasion de se venger des Hyrkaniens, qui ont décimé l’armée dont il est le seul survivant, Conan s’enfuit avec une princesse d’Ophir pour bientôt accoster sur une île inconnue et pleine de mystères.
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Un barbare sous les tropiques

Voilà plus d'un an maintenant que Patrice Louinet, passionné et expert de l'oeuvre de Robert E. Howard, a lancé cette collection de bandes dessinées dédiée au plus célèbre Cimmérien de la littérature américaine chez Glénat. Un an de réinterprétation graphique et de réhabilitation du « barbare », loin des adaptations habituelles et tout près des textes originaux de l'auteur texan. Cette fois, le sixième tome est confié tout entier non pas à un mais à une artiste, donnant enfin l'occasion à une femme de donner son point de vue sur un personnage presque uniquement constitué, en apparence du moins, de sueur, de sang et de testostérone.

C'est en avril 1934 que Iron Shadows on the Moon devient la huitième nouvelle de Conan publiée par le magazine Weird Tales. Une nouvelle plus commerciale, comme voulue par l'éditeur, épurée à l'extrême et qui confronte Conan à de multiples dangers tout en le plaçant comme sauveur d'une princesse en détresse. Un squelette de scénario basique, reprenant différents éléments devenus des poncifs depuis, que ce soit au cinéma ou lors de longues parties nocturnes de jeux de rôles. Une princesse, une île, un temple perdu, des pirates et de mystérieuses statues de fer regroupées en cercle autour d'un monolithe. Avec ces quelques ingrédients, comme à l'accoutumée, Robert E. Howard va donner aux lecteurs américains, friands d'aventures exotiques (et de courbes généreuses), une nouvelle non seulement efficace mais encore une fois magnifiquement écrite, avec le style inimitable qu'on lui connaît.

 

moonlight princess


Comme pour les cinq précédents tomes de la collection, on sent dans cette nouvelle adaptation en bande dessinée l'extrême nécessité de rendre justice au texte originale de l'auteur et d'en conserver un maximum de références. Dans le scénario, bien entendu, mais aussi dans les dialogues et les textes, dans lesquels plane en permanence l'ombre d'Howard.
Un travail d'orfèvre signé Virginie Augustin, dessinatrice à l'impressionnant CV, qui a oeuvré (au dessin) sur la très belle série Alim le Tanneur, rejoint le prolifique Christophe Arleston sur la franchise Troy et même collaborée sur deux films Disney (Tarzan et Hercule). Rien d'étonnant donc à la voir donner vie à Conan le temps d'un album. D'autant plus sur cette nouvelle en particulier, qui voit le Cimmérien accompagné en permanence d'une princesse outragée et torturée qui va fuir la « civilisation » pour trouver protection et respect près d'un « barbare ». Une femme qui ne va pas se contenter de mouvoir ses formes généreuses mais devenir une sorte de conscience féminine, prudente et raisonnée qui va alerter et même sauver Conan de sa trop grande assurance. Elle est la première à prendre conscience du danger potentiel de ses impressionnantes statues de fer qui effectivement prennent vie à la lumière de la lune, celle qui libère Conan, prisonnier de pirates. De son côté le Cimmérien va la sauver de la vengeance de ses tortionnaires, se dresser entre elle et un gorille géant. Une collaboration qui est au coeur de l'intrigue et que Virginie Augustin, ici aussi scénariste, sait parfaitement restituer notamment lors de scènes sans dialogues où les deux personnages, que tout oppose, apprennent à se connaître sans le moindre mot.

Entre jungle luxuriante, île resplendissante, pirates, temple perdu, et sacrifice humain à la Cthulhu l'artiste sait restituer le moindre ingrédient de la nouvelle d'Howard pour un album qui constitue à ce jour l'un des plus beaux et réussis de la collection. En attendant le prochain, l'adaptation de Les Clous Rouges, une des plus célèbres nouvelles du Cimmérien signé par trois pointures : Régis Hautière, Olivier Vatine et Didier Cassegrain. Rendez-vous en septembre.

Laurent Valentin


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