DANS LA TêTE DE SHERLOCK HOLMES T.1
France - 2019
Image de « Dans la tête de Sherlock Holmes T.1 »
Dessinateur : Benoit Dahan
Scenariste : Cyril Liéron
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 17 mai 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Dans la tête de Sherlock Holmes T.1 »
portoflio
LE PITCH
Un simple diagnostic médical du Dr Watson se révèle être bien plus que cela… La découverte d'une poudre mystérieuse sur des vêtements et d’un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que le patient n'est pas l'unique victime d'un complot de grande ampleur. Il semblerait en effet que l’étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d'un magicien Chinois. D'autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détec...
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The game is afoot

En dehors de la télévision et du cinéma, s'il y a bien un média où les dérivés de Sherlock Holmes s'ébattent joyeusement depuis des décennies c'est bien la bande dessinée. Au risque bien entendu d'en devenir anecdotiques. Cela n'est certainement pas le cas de Dans la tête de Sherlock Holmes, aventure inédite mais aussi l'une des plus fidèles à Mr Conan Doyle.

C'est que la plupart du temps les auteurs de BD ( et comics, et manga) tentent d'apposer leur marque sur le détective de Baker Street, l'approchant avec une déférence soulignée, mais aussi ce besoin de moderniser la bête, de le croiser avec d'autres genres, d'autres figures célèbres... à peu près tout et n'importe quoi finalement. Pas de vampire ici, de machine à remonter le temps ou de Jack L'éventreur, le premier tome du diptyque L'Affaire du Ticket scandaleux est, première qualité, simplement une nouvelle de Sherlock Holmes. Une enquête relativement classique avec des disparitions mystérieuses, une organisation secrète venue d'orient et des indices plutôt obscurs que démêlent avec intelligence Mr Holmes. Un scénario presque modeste finalement dans sa volonté de s'intégrer élégamment dans le corpus qui compose la légende du personnage, jusqu'à retrouver à la perfection la relation cinglante (voir parfois humiliante) qui lie le détective et ce pauvre Dr Watson.

 

à la loupe


Les connaisseurs seront aux anges, mais la connaissance des écrits de Doyle ne s'arrêtent pas là puisqu'en se basant sur de simples remarques disséminées aux détours d'un dialogue, ils optent pour une réalisation totalement inédite, absorbant totalement le point de vue de Sherlock Holmes. Le fameux « fil rouge » évoqué dans Le Chien de Baskerville et que le détective tisse entre les lieux, les indices et les évènements, apparait ainsi sur les pages de l'album comme un fil conducteur et un révélateur du cheminement mental du personnage. Idem pour la « mansarde », gigantesque bibliothèque labyrinthique où il stocke virtuellement toute sa science et ses souvenirs, qui devient ici, comme le montre la superbe couverture en trompe l'œil, une réalité tangible et même une structure pour le récit. Une approche qu'avait déjà entamé en partie l'excellente série Sherlock de Steven Moffat et Mark Gatiss, mais qu'absorbent totalement Cyril Liéron et Benoit Dahan. Ce dernier en particulier, dont le style atypique et presque rétro avait déjà été remarqué sur la précédente série Psycho-Investigateur, réussit d'authentiques prouesses dans sa structure des planches, tour à tour ultra fluides, complexes, ludiques et subjectives. Il joue de quelques touches de couleurs pour souligner quelques détails ou quelques états, invite à éprouver la transparence d'une page pour mieux entrevoir les ressorts d'une poursuite ou accoler deux bords pour reconnaitre la ressemblance d'un portrait robot. Un petit coté gadget certes, interactif plutôt, mais parfaitement intégré à l'aventure offrant cette sensation délicieuse aux lecteurs d'être entrés dans la tête de Sherlock Holmes. Ca tombe bien, c'est le titre.

Nathanaël Bouton-Drouard




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