CLARK KENT: SUPERMAN T.0 & 1
Superman: Man of Steel #1-6 & Superman #1-6 - Etats-Unis - 2018
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Scenariste : Brian M. Bendis
Nombre de pages : 360 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 26 avril 2019
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Depuis quelques années, Superman vivait heureux avec sa femme, Lois, et son fils, Jon, mais cette existence idyllique vole en éclats lorsque Jor-El, rescapé de l'explosion de Krypton, fait sa réapparition. De plus, un puissant guerrier extraterrestre, Rogol Zarr, attaque Metropolis, prétendant être à l'origine de la destruction de Krypton !
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Nouvel alliage

Grand ordonnateur pendant quinze ans de l'orientation éditoriale de Marvel et scénariste sur les plus grosses séries de la maison, Brian Michael Bendis a quitté l'éditeur l'année dernière pour rejoindre le concurrent direct, DC Comics. Un transfert retentissant dans le petit milieu de la BD américaine, surtout que le premier projet d'envergure du bonhomme fut de reprendre en main l'intégralité des titres dédiés à Superman, l'icône centrale de cet univers super-héroïque.

D'un coté le titre Superman relancé (encore !) au numéro 1 qui se consacrera essentiellement aux missions d'envergures planétaires et cosmiques, de l'autre Action Comics lui gardant sa numérotation historique (#1001 tout de même !) et se réservant pour des trames plus locales, donnant à voir les rues de Metropolis et l'aspect journalistique de la vie de Clark Kent. Un projet plutôt ambitieux que le scénariste n'hésite pas à faire précéder d'une minisérie évènement sobrement intitulée The Man of Steel. Oui, comme le segment monumental de John Byrne, manière à la fois de signifier l'importance de ce nouveau départ, et un ego toujours aussi bien pesé... Avec quelques mois d'écart Urban Comics emboite donc le pas en édition les premiers volumes traduits qui seront tous regroupés sous le titre Clark Kent: Superman en alternant à chaque tome les séries. Avec bien entendu en introduction un numéro 0 contenant les six chapitres de « L'homme d'acier ». Un volume largement décrié aux USA, la plupart des lecteurs prétextant que seul le défilé d'artistes hors pair (Ivan Reis, Ryan Sook, Adam Hugues...) valait le coup d'œil. Il y a certes quelques maladresses de la part de Bendis, en particulier dans sa manière de secouer le quotidien de Sup' afin de le ré-aiguiller dans la direction voulue, mais on y trouve aussi une volonté imparable de retrouver l'esprit originel et intemporel du personnage. La disparition de Lois Lane et de son fils (dont on ne découvre la raison que dans les dernières pages), la destruction de la forteresse de solitude et des survivants de Kandor, le guerrier extrémiste Rogol Zaar qui veut anéantir les kryptoniens de la face de l'univers...

 

le retour du slip !


Un excellent moyen de faire table rase de certains « accessoires » et d'introduire les enjeux que développera par la suite son nouvel auteur. La trame est volontairement lente, dispose sobrement la bipolarité du projet (les incendies volontaires d'un coté, la fin du monde de l'autre), place quelques mystères dont les résolutions seront plus tardives, mais retrouve essentiellement par des dialogues certes verbeux, mais souvent avec une bonne dose de second degré, le statut de modèle moral, de symbole ultra positif de Superman. Une identité qui sera largement mis à mal dans le suivant Clark Kent : Superman T.1 Unité où la solitude, la colère et la vengeance pourraient avoir raison de son équilibre intérieur. C'est toujours dans ces instants que Superman est le plus intéressant, lorsque son statut de quasi-dieux est questionné par son humanité, lorsque la tentation du pouvoir vient menacer son rôle de guide spirituel. Bendis a parfaitement saisi l'essence du Kryptonien , mais aussi ce qui en a fait le succès au cours des décennies passées, soit un mélange de comédie lumineuse, voir de candeur, et de spectaculaire époustouflant... voir improbable.

Manifestement grand fan de la quadrilogie cinématographique originale (mais, mais c'est Nuclear Man !), il s'en inspire largement dans son mélange des genres, dans ses alternances d'aventures et de pauses contemplatives, mais aussi dans une certaine idée naïve du divertissement n'hésitant pas utiliser des ficelles gigantesques pour sortir le monde de la panade ou des twists acrobatiques. Une voie qui n'a à priori pas convaincu tout le monde, mais qui pourtant atteste d'un amour réel du personnage et des comics Silver Age. Là où par contre tout le monde s'est largement entendu, est sur le niveau d'excellence proposé par le seul Ivan Reis, aussi bien sur ses pages de The Man of Steel que sur les premiers fascicules de Superman, bien plus à l'aise que sur ses récents chapitres de Justice League. Fouillées, dynamiques, furieusement spectaculaires ses planches au traitement semi-réaliste explosent souvent les standards (l'encrage est admirable) retrouvant régulièrement par une expression du visage, par une pose fluide ou un jeu de drapé, la justesse de l'illustre Dennis O'Neil. Pas un mince compliment.

Nathanaël Bouton-Drouard




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