MIDNIGHT TALES VOL.1
France - 2018
Image de « Midnight Tales Vol.1 »
Nombre de pages : 140 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 25 mai 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Midnight Tales Vol.1 »
portoflio
LE PITCH
Des histoires courtes et indépendantes des auteurs phare du Label 619 – Guillaume Singelin (The Grocery), Sourya (Freaks’Squeele Rouge, Talli, Fille de la Lune), Elsa Bordier et une nouvelle recrue, Gax – mettant en scène des Midnight Girls combattant les forces de l’ombre et les mauvais esprits au sein de l’Ordre de Minuit, un groupe essentiellement composé de femmes. Des gardiennes, fières de leur appartenance à cette corporation secrète qui pourtant les prive d'une existence n...
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Witching Hour

En partie née sur les cendres de la précédente revue anthologique Doggybags, voici Midnight Tales nouvelle proposition au format équivalent (volume, 4 histoires, bonus informatifs...) mais cette fois-ci tournée vers un univers partagé, celui de la sorcellerie, et porté par la vision de Mathieu Bablet.

En seulement trois, mais copieux albums, Mathieu Bablet s'est déjà imposé comme l'un des auteurs les plus intéressants de ces dernières années. La Belle Mort, Adrastée ou l'époustouflant Shangri-La ont développé à leurs manières une vision plutôt fataliste de la condition humaine, mais avec une élégance et poésie aussi unique que le trait de son illustrateur. Habitué à travailler seul, Bablet qui avait justement participé épisodiquement à Doggybags, prend le relais des mains de Run et invite d'autres artistes dans son tout nouveau concept. Midnight Tales donc, qui au travers de ses quatre premières courtes histoires peint un monde contemporains où la sorcellerie a subsisté à travers les âges et ou un ordre de sorcières, loin du folklore sataniste, protège l'ordre des choses, les esprits et les vivants. Se gardant systématiquement (pour l'instant en tout cas) les commandes des scénarios, Bablet surprend de prime abord par une légèreté de surface.

 

cercles sacrés


A chaque fois il est questions de jeunes adolescentes, de gamines d'aujourd'hui, d'amitiés, de conte initiatique, avec, par exemple dans le premier The Last Dance, un aspect pulp américain très 80's. Des copines qui se préparent pour le bal de fin d'année, contrariées par l'apparition du Mothman, mais déjà la mort et le désespoir affleurent. Ce sera de plus en plus le cas avec les suivants Samsara (joli et triste voyage dans la mythologie indoue), le très curieux et à suivre Devil's Garden et bien entendu Nightmare from the Shore. Si le travail visuel d'artistes invités comme Singelin, Sourya ou Gax apportent justement une diversité très appréciable, le principe même de Midnight Tales semble le plus aboutit dans la quinzaine de pages écrites ET illustrées par Bablet. Une citée perdue au fond des eaux, un pacte avec une entité venue des fonds des âges, un sacrifice drastique... Avec un classicisme métaphorique bienvenue, Bablet livre des planches impressionnantes et sensibles, tout en laissant affleurer tout le potentiel de ces chroniques de l'Ordre de Minuit. Une série à creuser dans les prochains volumes, qui eux aussi devraient proposer quelques bonus pertinents comme cette petite nouvelle signée Elsa Bordier (croisée elle aussi dans Doggybags) ou tout ces focus documentés sur la sorcellerie dans la préhistoire, les origines des mythes des citées englouties ou la condition féminine en Inde et dans le reste du monde. Car bien entendu, Midnight Tales est avant tout une histoire de femmes en devenir.

Nathanaël Bouton-Drouard


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