PLACERVILLE
France - 2018
Image de « Placerville »
Dessinateur : Cyrille Ternon
Scenariste : Christophe Bec
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 23 mai 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Placerville »
portoflio
LE PITCH
Quelque part sur une route de campagne, aux États-Unis. Une mère et sa fille croisent sur le bas-côté une énigmatique petite fille dont le visage est caché par ses longs cheveux noirs. Que peut bien faire une enfant toute seule dans un endroit si isolé de tout ? Elles décident de s’arrêter pour en avoir le cœur net. Elles n’auraient jamais dû...
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sortie de route

Véritable pilier de la collection Flesh & Bones et de ses récits horrifiques en noir et blanc, Christophe Bec livre un nouveau conte pour adulte avec Placerville. Un mystère qui cette fois-ci repose plus volontiers sur ses ambiances que sur ses excès sanglants.

Présent depuis la toute première fournée d'albums à couverture souple, Christophe Bec se montrait jusque-là on ne peut plus généreux sur les glissements vers l'horreur graphique. Blood Red Lake, Sunlight ou Bikini Atoll (dont la suite est déjà disponible) jouait ainsi la carte douteuse mais réjouissante de la BD gore, tandis que le précédent Winter Station glissait vers le slasher bien sanglant. Petit coup de ralenti donc avec Placerville moins choc et plus cérébral, installant progressivement une ambiance fantastique et inquiétante alors que l'enquête du shérif local semble constamment patauger. L'enjeu est de retrouver une mère et son fils, disparus en pleine nuit sur une route sinuant à travers la forêt et la montagne environnante. Curieux, surtout que cette même zone a connu ce type de faits divers depuis toujours et que les témoignages d'apparitions nocturnes particulièrement flippantes se multiplient encore.

 

silhouettes


Avec son petit fantôme aux cheveux longs échappé d'un film d'horreur japonais, mais plutôt amené comme une version US de la fameuse Dame Blanche, l'album essaye de la jouer Stephen King. Les planches plutôt limpides de Cyrille Ternon (Private Liberty) s'inscrivent ainsi dans une narration plutôt sobre et un style graphique épuré mais tirant vers un réalisme parfois presque photographique. Des illustrations qui accompagnent la démarche classique du script, s'installant dans une petite ville typique du genre, multipliant les personnages secondaires, les trames plus ou moins développées qui se croisent, mais malheureusement sans jamais vraiment trouver son rythme. Trop de flashbacks nébuleux, de révélations qui tiennent difficilement la route (tout comme la solution ultime révélée), d'ingrédient inaboutis (le comportement du petit garçon) ou gratuit, Placerville fait monter la sauce, mais se perd vite dans une alternance de dialogues bavards et peu naturels, avant de s'achever dans un « tout ça pour ça » assez agaçant. On a connu Christophe Bec bien plus inspiré... et surtout plus rigoureux dans sa construction.

Nathanaël Bouton-Drouard


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