JAMES BOND T.3: HAMMERHEAD
James Bond 007: Hammerhead #1-6 - Etats-Unis - 2016
Image de « James Bond T.3: Hammerhead »
Dessinateur : Luca Casalanguida
Scenariste : Andy Diggle
Nombre de pages : 152 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 28 mars 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « James Bond T.3: Hammerhead »
portoflio
LE PITCH
La mission du célèbre espion au service de sa majesté est d’éliminer Kraken, un terroriste anticapitaliste, qui vise l’arsenal nucléaire britannique. Mais les choses sont loin d’être ce qu’elles semblent. Son enquête l’entraîne à Dubai où se tient un marché aux armes. Il y est aidé par la sulfureuse Victoria Hunt. Bond dispose du permis de tuer, et cette fois-ci, il a bien l’intention d’en faire usage…
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Thunderstrike

Icône aux multiples visages, James Bond change encore d'apparence en passant des mains expertes de Warren Ellis à celles du non moins solide Andy Diggle. Nouvelle équipe créative pour Hammerhead, nouvelle esthétique pour une troisième mission musclée, sexy et trouble.

Lancé en grande pompe en 2015 comme un authentique revival des romans de Ian Flemming, la série de comics édités par Dynamite a forcément fait sensation auprès des amateurs d'espionnages et des fans de Bond en particulier. Fanboy par excellence justement, Warren Ellis renouait avec un ton acerbe, noir et violent un peu atténué sur grand écran (même si l'ère Daniel Craig est plutôt généreuse de ce coté là) et délivrant même quelques allusions masquées à la saga cinématographique. Un Vargr et un Eidolon plus loin, le scénariste s'éclipse pourtant déjà, passant la main à un autre british, Andy Diggle (The Losers, Thief of Thieves, Hellblazer), mercenaire habile, mais moins caractérisé justement par son style, par sa personnalité. Une petite inquiétude cependant rapidement balayé lorsque s'ouvrent les premières pages de nouvel Hammerhead, signant là encore une introduction pré-générique spectaculaire et classieuse.

 

never send flowers


Merci au nouvel artiste Luca Casalanguida, italien quasi-inconnu, qui justement amène la stylisation épurée, l'énergie graphique que l'on attendait depuis le début. Légèrement plus carré, plus Brosnan, le nouveau Bond s'imprègne d'un monde de l'espionnage hors du monde (les passages à Doubaï ou au Yemen sentent uniquement l'hôtel de luxe ou la cache terroriste), entre luxe et mort imminente, alors que les planches délivrent un découpage marqué et nerveux, particulièrement remarquable lors d'un face à face avec une voiture trafiquée jusqu'à la gueule ou un final presque aussi délirant qu'un métrage de la période Roger Moore. Un album plus roublard que ces deux prédécesseurs, pour le meilleur et pour le pire, puisque bien évidemment dans cette nouvelle course à l'ogive nucléaire sur fond d'entreprise ultralibérale (et sous-entendu un poil facho), l'habitué sentira rapidement le vent tourner et les charmes de la belle blonde se faner. Efficace cependant, les épisodes se suivent sans baisse de régime enchainant les révélations et les cascades, mais sait aussi se démarquer en soulignant des amitiés d'état douteuses ou en donnant une belle place à la secrétaire Moneypenny, bien plus qu'une pro de la dactylographie. Pas le meilleur des Bond, mais en tout cas un chapitre qui ne démérite pas, entre belle gueule et armes de destruction massive nouvelle génération, qui installe une nouvelle équipe solide et confirme l'excellente tenue de la licence. Cette dernière ne cesse d'ailleurs de s'étendre avec déjà deux nouveaux opus aux USA, un spin-of consacré à Felix Leiter (le pote de la CIA), une adaptation en règle de Casino Royale (le roman pas le film) et prochainement une série dédiée à la jeunesse de 007. Une carrière chargée.

Nathanaël Bouton-Drouard


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