WALKING DEAD T.28: VAINQUEURS
The Walking Dead #163-168 - Etats-Unis - 2017
Image de « Walking Dead T.28: Vainqueurs »
Scenariste : Robert Kirkman
Nombre de pages : 152 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 4 octobre 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Walking Dead T.28: Vainqueurs »
portoflio
LE PITCH
La Colline a été dévastée et la communauté qui l'habitait a dû fuir les lieux, sous l'impulsion de Maggie. Dwight a rejoint Rick, en lui affirmant que les Chuchoteurs ont été anéantis. Malheureusement, même si Beta – qui a pris la tête des Chuchoteurs – a perdu une bataille, il lance une horde de rôdeurs sur Alexandria. La guerre est peut-être terminée, mais la survie d'Alexandria est en jeu...
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ceux qui restent

Les chuchoteurs sont tombés, Negan a été domestiqué... de là à dire que cette conclusion d'un arc qui court depuis 2015 s'emblait arriver au bout de sa logique, il n'y a qu'un pas... Qui s'avère infranchissable car Vainqueurs est sans aucun doute l'un des meilleurs albums de la série depuis sa création. Rien que ça.

Il faut toujours se méfier du Robert Kirkman qui dort. Un auteur prolifique, accaparé par ses différents postes chez Images Comics, ses contributions aux deux séries TV dérivées et les petits romans qui sortent régulièrement, et pourtant il ne perd jamais de vue le cap qu'il semble s'être donné sur The Walking Dead. La preuve avec ce 28ème tome, qui après une longue et lente montée en puissance, vomit littéralement sur la communauté de Rick et le lecteur une horde de milliers de morts-vivants décrépis mais toujours affamés. La fin d'une époque, tant la marée de cadavres ambulants semble inéluctable, se dirigeant directement vers Alexandria et des défenses affaiblies par les combats précédents. Une première partie en forme de terrain de jeu considérable et grandiose pour l'illustrateur Charlie Adlard, toujours épaulé par Stefano Gaudiano (à l'encrage) et Cliff Rathburn (au tramage), qui enchaine les évènements avec un talent impressionnant, alternant les planches épiques et spectaculaires, avec des resserrages tendus, étouffants, donnant corps à des évènements parallèles et à une sensation implacable de catastrophe à venir.

 

unstoppable


La mise en page est terriblement efficace, cela va sans dire, mais qui serait sans doute moins marquantes si le lecteur n'avait pas constamment cette proximité avec les nombreux personnages qui tentent de résister au mur de zombies (la double page des zombies qui s'écrasent sur les grilles est juste whoua !), grâce à des portrait à l'expressivité précise et réaliste. Haletante, cette première centaine de page, n'est pourtant qu'un amuse-bouche à la conclusion de Vainqueurs (ironie, ironie), instant tragique où Rick compte les victimes et doit faire face à la mort prochaine d'un(e) ami(e). Une habitude dans The Walking Dead certes, mais qui n'avait jamais été scrutée avec autant d'émotion, Kirkman faisant ici le choix de suivre lentement les dernières heures de la personne mordue, le défilé des amis et des témoins, leurs regards tristes, effrayés... et cette pénombre qui ne cesse de tomber. Une narration du deuil surprenante et douloureuse, déchirante et courageuse, où Adlard démontre une nouvelle fois son talent en décrivant page après page la lente agonie de la victime. Les yeux qui se voilent, le regard qui s'évade, les larmes retenues, la bouche sèche, les joues qui se creusent... Jusqu'à l'ultime retour, final traumatisant pour un héros de plus en plus abimé. Une leçon.

Nathanaël Bouton-Drouard


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