LA BELLE MORT
France - 2011/2017
Image de « La Belle mort »
Dessinateur : Mathieu Bablet
Scenariste : Mathieu Bablet
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 1 septembre 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « La Belle mort »
portoflio
LE PITCH
A quoi bon résister ? Voilà ce que se répètent jour après jour Wayne, Jeremiah et Scham, uniques survivants de l'invasion dévastatrices d'insectes extra-terrestres. La fin de l'humanité a eu lieu. Cherchant un but, une destinée justifiant leur futile présence dans un monde en ruine, ils ne se doutent pas qu'ils font partie d'un plan bien plus vaste, de quelque chose qui les dépasse complètement et qui implique un autre survivant...
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un pas après l'autre

Avant le mythologique Adrasté et le futuriste Shangri-La, il y a avait La Belle mort, premier album de Matthieu Bablet publié chez Ankama en 2011. Une œuvre de jeunesse ? Cette réédition au format luxe prouve que ce n'était déjà pas tout à fait le cas.

Retour donc pour cette première aventure déjà imposante (140 pages environ), mais cette fois-ci dans un format plus à même de porter les planches incroyablement fouillées de l'auteur. Celui-ci eprend justement le format de Shangri-La et de l'intégrale d'Adrasté : un volume plus ample, un dos toilé, un papier de qualité et bien entendu quelques bonus comme des illustrations rares et promotionnelles et petit flashback inédit de quatre pages sur la première rencontre entre les trois garçons. Un cadre parfait pour redécouvrir cette curieuse fin du monde déjà bien avancée, récit des derniers jours et mois de trois survivants sur une planète ravagée par des insectes géants. Il ne reste plus grand chose d'autres que des bâtiments décharnés, des appartements vides et un horizon brulé, et pourtant Wayne, Jeremiah et Scham s'accrochent à la (sur)vie, avançant pour avancer. Quelques anecdotes tragicomiques, des pages d'errances, la narration est déjà incroyablement orchestrée amenant le lecteur à partager cette langueur désespérée, cherchant là aussi une raison de continuer.

 

Independance day


Une cause qui ne se découvrira que lentement avec l'arrivée d'une jeune femme et un peuple rampant de plus en plus agité, jusqu'à un final aussi démesuré qu'énigmatique. La Belle mort débute comme une variation presque adolescente de La Route, mais ne cesse de prendre de l'ampleur, de s'emporter vers l'évocation mystique à la Akira et l'invasion alien spectaculaire délirante. Le regard porté sur le destin et la finalité, une certaine idée de la vacuité humaine naviguent déjà dans ces planches, au style extrêmement marqué et anguleux cela va sans dire, et font que la signature « Matthieu Bablet » est déjà une évidence. Et ce même si les ruptures de rythme seront nettement mieux maitrisées par la suite et que les illustrations connaitront une certaine affirmation. Loin d'être un brouillon des deux petits chefs-d'œuvre à venir, dans lesquels on reconnait fréquemment quelques réflexions initiées ici, ce volume méritait largement d'être remis en avant, car s'il chancèle à de rares occasions et que ses emballements peuvent paraitre chaotiques, il contient un univers fascinant et cohérant. La Belle mort est décidément une bien belle naissance.

Nathanaël Bouton-Drouard


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