OLYMPUS MONS T.1: ANOMALIE UN
France - 2017
Image de « Olympus Mons T.1: Anomalie Un »
Dessinateur : Stefano Raffaele
Scenariste : Christophe Bec
Nombre de pages : 56 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 25 janvier 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Olympus Mons T.1: Anomalie Un »
portoflio
LE PITCH
2026. D’étranges phénomènes se produisent simultanément en différents lieux. Dans les profondeurs de la Mer Baltique, des chasseurs de trésors sous-marins découvrent ce qui semble être les vestiges d’un artefact inconnu ; dans l’Iowa, un medium est hanté par d’étranges visions dans lesquelles il visite une épave mystérieuse au fond de la mer. Sur un écran, un message adressé aux habitants de la Terre ; sur Mars, des cosmonautes trouvent une série d’objets énigmatiques. ...
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Un petit pas pour l'homme

Plongée en Mer Baltique à la recherche d'un mystérieux artefact, visions cauchemardesques d'une hypnotisante épave en Iowa, tournage risqué en Turquie ... Le moins que l'on puisse dire est que ce premier tome d'Olympus Mons fait voyager son lecteur... Un voyage éprouvant jusqu'aux confins d'une galaxie surprenante et malheureusement inhospitalière. A l'origine : Olympus Mons, appellation latine du mont Olympe est un volcan bouclier situé dans les quadrangles d'Amazonis et de Tharsis de la planète rouge. Plus haut relief connu du système solaire culminant à 21 229 mètres, le mont fascine les astronomes.

Une roche montagneuse à haut potentiel réfléchissant : voilà un théâtre scénaristique particulièrement intéressant. C'est ce théâtre inouï qu'ont choisi d'exploiter les auteurs de Prométhée et Deepwater Prison. Saga inspirée des « anomalies de la mer baltique » et prévoyant une parution biannuelle, Christophe Bec et Stephano Raffaele (Batman, Conan le barbare...) embarquent leur auditoire dans un récit particulièrement audacieux et (trop ?) ambitieux. Ambitieux car le scénariste choisit ici de morceler son histoire à outrance. Un choc rapidement ingurgité mais particulièrement préjudiciable. En effet, impossible ici de s'abandonner à l'imagination quand toutes les 6/8 pages le récit, morcelé en quatre intrigues destinées à se regrouper, change de protagonistes. Difficile donc de s'acoquiner avec ces derniers et de lâcher prise. Un parti pris surprenant, dommageable mais pas insurmontable. Visuellement assez quelconque (de jolis effets de lumières et un cadre impeccable malgré tout), impossible pour autant de nier le pied ressenti à la lecture de ces trop courtes pages.

 

memento mori


En effet, plongé dès les premières lignes dans la découverte de San Salvador (n'étant pas sans rappeler le 1492 de Ridley Scott) ou perdu dans des intrigues à tiroirs jonglant entre le Memento de Christopher Nolan ou Déjà vu, Olympus Mons risque de ne laisser personne indifférent. Un thriller d'anticipation obsédant et transpirant la sueur et la planche de travail, le thriller en trois dimensions (fond marins, montagne, planète) joue avec les parallèles de la tridimensionnalité extatique de la conscience. Séparés de plusieurs centaines d'années, les aventures de ces quatre équipes formeront à coup sûr un grand tout lors du twist final. Pour autant (et malgré un manque certain d'originalité), impossible de lâcher la bd. Captivante, l'histoire ne fera surement pas l'humanité eu égard à ce puzzle morcelé et gâchant parfois le plaisir de la découverte. Quid de ce gigantesque fragment de vaisseau extraterrestre ? De ces visions médiumniques ? En l'état, ces quatre intrigues qui n'en formeront qu'une laissent un vrai goût d'inachevé par cette structure narrative exigeante mais maitrisée. Un premier tome qui ne raconte pas grand-chose et se contente de poser les bases pour une montée en puissance qu'on espère dantesque. En attendant, on ronge notre frein.

Si l'on en croit l'exceptionnelle couverture de Pierre Loyvet, Olympus Mons T1 joue les Prometheus (tiens, encore Ridley Scott) dans son illustration formelle et pose les jalons d'une aventure qui s'annonce comme l'une des plus belles promesses de 2017 en matière de SF. Des russes les premiers sur mars (vous avez dit Le Maître du Haut Château ?), un crash en mode Roswell, des clins d'œil soutenus : on trépigne donc d'impatience pour la suite de cette mise en bouche classique mais sacrément efficace. Une très bonne entrée en matière.

Jonathan Deladerrière




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