VUZZ - L’INTéGRALE
Vuzz / Là-bas - France - 1974/1978
Image de « Vuzz - L’intégrale »
Dessinateur : Philippe Druillet
Scenariste : Philippe Druillet
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 30 novembre 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Vuzz - L’intégrale »
portoflio
LE PITCH
Vuzz est un guerrier. Un pillard qui a des besoins simples dans la vie : se battre, manger et faire l’amour. Vuzz vit dans un monde où les villes en ruines abritent zombies, lapins géants et autres sorciers pédophiles. Un monde où tout n’est que désolation et incertitudes. Un monde où Vuzz ne peut finalement compter que sur lui-même. Et ça lui va très bien comme ça...
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le buzz de vuzz

On ne peut pas dire que Glénat abandonne son fond de catalogue, tant les intégrales des grands noms de la BD moderne se multiplent et s'enchainent. Et Druillet n'est pas en reste, ce qui permet à son étrange et déconnant Vuzz de refaire surface. Un antihéros des plus originaux dans les univers apocalyptique du créateur de Lone Sloane.


Tout ici tranche littéralement dans le vif avec tout ce que les lecteurs de Druillet connaissent de son art. Par le format déjà, plus réduit, carré, par la légèreté des pages quasiment dénuées de toute forme de grandiloquence architecturale, de monolithes hurlants, par une omniprésence du blanc et par la tonalité Grand-Guignol des trépidations de Vuzz. Dans des déserts croqués en quelques lignes sur fond blanc, cet étrange mutant, sans doute apparu dans un futur on ne peut plus chaotique, traverse les planches comme par hasard. Il ne pense qu'a tuer, bouffer, baiser (violer ça va plus vite) et tout cela sans aucune incidence sur sa morale absente. Apparu pour la première fois dans les pages de la revue oubliée Phénix au tout début des années 70, la première partie de cette « saga » cultive toute la contre culture de son époque, refusant les normes narratives, le bon goût, expérimentant une BD pour adulte capable même de se passer le plus souvent de phylactère... Voir de logique, avec, entre autre, une troupe de lapins dansants assez festive.

 

chronique barbare


Druillet semble ici plus libre que jamais avec sa simple plume à encre, passe du coq à l'âne, envoyant même son pauvre Vuzz dans les bras d'un magicien de pacotille et de la jaquette, avant qu'il ne réussisse à s'échapper sur son balai volant. Quelque-part entre la pantalonnade d'un western spaghettis façon Mon Nom est personne et la peinture épique de Frazzeta, la suite plus tardive (début des années 80) nommée Là-bas, optera plus pour la seconde face. Si Vuzz reste toujours aussi limité, et le coup de crayon minimaliste, l'aventure s'envole vers un parcours plus initiatique, une chasse aux trésors aux atours de quête fondatrice dont les connotations absurdes effectuent quelques parallèles avec La Montagne sacrée de Jodorowsky. Bien entendu dans cette BD barbare, les ennemis pleuvent en pièces, les massacres s'enchainent autant que les filles et les gags improbables. Une curiosité pour le lecteur, une récréation pour son auteur, disposée là dans une superbe édition à la couverture argentée avec en bonus quelques très belles illustrations en couleurs.

Nathanaël Bouton-Drouard


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