DOGGYBAGS VOL.12
France - 2016
Image de « Doggybags Vol.12 »
Nombre de pages : 112 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 30 septembre 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Doggybags Vol.12 »
portoflio
LE PITCH
Au sommaire de ce 12e volume dédié au Japon : The Man from Paris, une histoire signée Atsushi Kaneko, Shiganai d’Elsa Bordier et Sourya, et Samurai de Run et Singelin. Inclus, comme toujours, un poster inédit !
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les charmes sanglants de l'archipel

Avant dernière pelletée d'horreurs en tous genres, le 12ème chapitre de l'aventure éditorial Doggybags s'embarque pour un trip funèbre au pays du soleil levant. Car là-bas aussi les mauvaises âmes n'attendent que le talent de l'équipe du label 619 pour prendre corps.

Une destination des plus logique pour cette revue anthologique qui scrute album après album les ambiances les plus sordides, les déviances les plus graphiques et l'humour le plus noir. On a beau s'être inspiré des légendes d'EC Comics (Les Contes de la cryptes et les autres), les nombreuses légendes épouvantables en provenance du Japon font forcément de l'œil. Entre faits divers, farces commises par des yokais ou des kitsune (ces renards déifiés), massacres perpétrés par les ronins sur les champs de batailles et bien entendu les iconiques fantômes vengeresses, les nombreux bonus textuels habituels explorent avec malice le folklore local et servent autant de compléments que d'introduction à trois nouvelles fournées bien scabreuses.
Belle surprise pour commencer de retrouver dans ces pages le délicat Sourya (Rouge, le spin-off de Freaks' Squeele) venu mettre en image une petite chronique surnaturelle imaginée par Elsa Bordier (chroniqueuse BD sur le site 9èmeArt) avec une douceur toujours présente mais qui justement va exploser dans un final brutal et frontal. Le contraste entre l'économie de la narration, le trait gracile et les couleurs presque pastelles avec deux trois cadres «guro» fait mouche et rappelle immédiatement le travail d'un Junji Ito.

 

hara-qui-rit


L'immersion dans cette culture exotique pour nous français, semble tout aussi réussie du coté du duo formé par Run (pour le texte) et Singelin (pour les dessins) avec leur Samurai très loin de l'habituelle illustration héroïque de ces guerriers hors-paire. Dans sa structure, avec son twist prévisible mais bien amené, c'est le chapitre qui ressemble le plus justement aux Tales from The Crypt, mais Singelin élève le tout avec talent grâce à une réappropriation magnifique des lignes de l'estampe. Mais le petit évènement de ce Doggybags est sans aucun doute la participation inespérée du mangaka Atsushi Kaneko (Bambi, Soil) qui délivre en à peine vingt pages une histoire totalement folle et délirante d'un tueur à gage français dans un Japon dont il ne comprend absolument rien. Entamé comme un polar d'action taillé avec vélocité, The Man From Paris, s'achève de manière épique et délicieusement punk, après avoir définitivement explosé la rétine du lecteur (et les contours en néons totalement décalés n'y sont pas pour rien).

Une cuvée qui tape aussi fort que le saké, au milieu de laquelle il ne faudrait pas oublier une nouvelle de trois pages entre Mamoru Oshii et Katsuhiro Otomo par Tanguy Mandias et une charmante ( ?) histoire d'écoliers et de scarabées concoctée en noir et blanc par Thomas Rouzière. A croire que l'équipe de Run se sent à l'étroit tant ils ont à proposer... A se demander donc pourquoi annoncer la fin de l'aventure pour le prochain tome ?

Nathanaël Bouton-Drouard


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