DRAW, DANS L’OCéAN Où DORT UNE SORCIèRE T.1
Draw Majo no nemuru umi de - Japon - 2014
Image de « Draw, Dans l’océan où dort une sorcière T.1 »
Dessinateur : Chaco Abeno
Scenariste : Saki Okuse
Nombre de pages : 224 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 20 avril 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Draw, Dans l’océan où dort une sorcière T.1 »
portoflio
LE PITCH
Kai est amoureux d'une jeune fille de sa classe qui ne parle à personne et ne le regarde même pas. C'est une sorcière blanche qui apaise l'âme de ceux qui sont au bord de la mort. Puis arrive une autre sorcière, une sorcière noire qui se nourrit de la force vitale des humains et qui cherche à séduire Kai. Le triangle amoureux est posé et la vie de Kai va basculer dans une autre dimension...
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Eaux troubles

Un peu surprenant de voir apparaitre un nouveau titre dans la collection Seinen (adulte) des mangas Delcourt, alors que celui-ci se déroule dans un lycée japonais. Mais sous les petites jupettes et les regards timides, la sorcellerie et la mort attendent au tournant.

On garde peu en mémoire les précédents essais de Saki Okuse, auteur qui a œuvré sur le bourrin Blood Sucker, et le fantastico-cul Daydream, deux espèces de nanars qui ne faisaient que cajoler les ados bêta dans le sens du poil. Dernière série en date, Draw relève clairement la tête, déjà parce que son écriture se fait plus lâche, moins compressée, plus contemplative, permettant à sa trame et ses personnages de respirer. Un rythme nécessaire dès lors que l'on s'intéresse effectivement aux états d'âmes d'adultes en devenir, et en particulier d'un jeune garçon mélancolique, qui semble trimbaler sa petite sœur partout avec lui. On se rendra vite compte que celle-ci est un fantôme, reflétant autant sa culpabilité (un accident survenu quand il était petit) que sa proximité avec des frontières plus surnaturelles. Ici, la mort est omniprésente que ce soit dans le regard qu'il porte sur l'horizon et ses pensées noires, mais aussi avec l'arrivée de deux nouvelles élèves, Dorô Yomi et Mai Kirame, forcément très jolies mais mystérieuses, trainant dans leurs sillages quelques cadavres.

 

messes basses


Deux authentique sorcières dont on ne sait encore la raison de leur venue, si ce n'est qu'elle a un rapport évident avec Kai et ses pouvoirs de divination. On est ici pas loin du triangle amoureux, mais légèrement déviant, en particulier lorsque la blonde vampire s'offre généreusement à lui après avoir pratiqué un sabbat dans la forêt environnante... Si parfois les créatures invoquées, dont un colosse de sable, reste dans les canons des aventures mystiques nippones, d'autres détails, comme la nuée de fourmis qui sort du sexe de Mai, rappellent surtout les délires gothiques d'un Suehiro Maruo (La Jeune fille aux camélias). Le mélange est assez étonnant, mais effectivement pas à mettre entre toutes les mains autant par l'ambiance malsaine qui s'en dégage que par la direction esthétique de ses représentations. Des planches joliment découpées par l'illustratrice Chaco Abeno (Chrome Breaker), qui laisse apprécier son trait fin, fluide et précis, mais qui se fait souvent rattraper par ses longues années passées au design de jeux vidéos érotiques, en livrant quelques cadrages raz les fesses. Après, il faut reconnaitre que les demoiselles ne laissent pas insensibles... On se demande encore où va bien pouvoir se diriger ce récit horrifique, et même si on est loin ici d'un incontournable, il est évident aux vues des autres mangas des deux auteurs, que c'est là leur titre le plus réussi pour l'instant.

Nathanaël Bouton-Drouard




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