BIKINI ATOLL
France - 2016
Image de « Bikini Atoll »
Dessinateur : Bernard Khattou
Scenariste : Christophe Bec
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 9 mars 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Bikini Atoll »
portoflio
LE PITCH
Un groupe de touristes part pour un séjour dépaysant au cœur du Pacifique sur l’atoll de Bikini, qui a donné son nom au fameux maillot deux-pièces. Théâtre d’un essai atomique au sortir de la Seconde Guerre mondiale et abandonné depuis, le lieu offre son lot de sensations fortes ! Au programme : soleil, plages de sable fin, cocotiers, mais aussi épaves de navires militaires, bunkers désaffectés et hordes de requins carnivores... Une mine de trésors cachés que leur guide, Malaval...
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Massacre sous les cocotiers

Entamée il y a plus d'un an avec un prometteur Sunlight, la collection méchante de Comics Glénat, Flesh & Bones, revient enfin avec trois nouveaux titres dont un opus signé par les instigateurs Bec et Khattou. Après le fond d'un gouffre, Bikini Atoll explore une île qui sent la mort.

Résolument une collection pour lecteurs adultes, Flesh & Bones annonçait donc violemment la couleur avec le huis-clos sordide Sunlight. Auteur des remarquables et horrifiques Pandemonium ou Sarah, Christophe Bec n'a clairement aucune raison de ralentir la mesure avec son nouvel album Bikini Atoll. Changement de cadre certes, mais ce voyage touristique sur la fameuse île qui a eu la glorieuse chance d'être un terrain privilégié des tests nucléaires américains dans les années 40, n'a forcément rien d'une balade de santé ni d'une séance de bronzette au soleil. L'ambiance installée par le noir et blanc cruel de Bernard Khattou (L'Agence), son coup de crayon réaliste et fouillé, quoi que parfois pas assez maintenu, dispose immédiatement une atmosphère tendue, inquiétante et oppressante. Mais le scénariste sait prendre son temps, connaissant ses classiques, installe doucement sa galerie de personnages, bien campés, sympathiques ou antipathiques mais en tout cas jamais figés, avant de les confronter à la terrible réalité des lieux et les petites joies de la radioactivité.

 

baignade déconseillée


Un groupe de touristes adultes (ouf ce ne sont pas des ados) un peu trop naïfs, qui aurait du s'inquiéter d'une imposante silhouette nageant dans les eaux profondes, et qui vont devenir bien entendu les victimes d'un slasher bourrin, gore et graphique. Et les requins ne sont pas les pires prédateurs que l'on puisse trouver dans la région... Bec et Khattou ni vont pas par quatre chemins, décortiquant les meurtres successifs sans détourner le regard, jouant avec le camp militaire en ruine comme Wes Craven avec le désert de La Colline a des yeux, et surtout avec la tendance malsaine du dégueux Anthropophagous de Joe D'Amato. Le lecteur perçoit constamment les velléités cinématographiques de l'album autant dans l'utilisation des codes basiques, mais maitrisés, du genre, que dans la mise en pages, mais note avec plaisir un approfondissement plus rare de la psychologie des personnages ou l'installation d'un contexte historique et dramatique qui trouble les lignes et donne une épaisseur supplémentaire. Tendu comme string, scabreux au possible, jusqu'au-boutiste et vorace, Bikini Atoll se lit du traite, une légère coulée de sueur froide dans la nuque, mais aussi un petit sourire espiègle au coin des lèvres.

Nathanaël Bouton-Drouard


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