GWENDOLINE T.1
Lady !! Vol1&2 - Japon - 1987
Image de « Gwendoline T.1 »
Dessinateur : Yoko Hanabusa
Scenariste : Yoko Hanabusa
Nombre de pages : 392 pages
Distributeur : Isan Manga
Date de sortie : 10 décembre 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Gwendoline T.1 »
portoflio
LE PITCH
Après avoir perdu sa mère dans un tragique accident, la petite Gwendoline vient habiter dans le grand manoir anglais de son père, qu’elle ne connaît que très peu, le Vicomte de Marble. Elle se retrouve vite confrontée à la haine de sa demi-soeur Annie, et surtout, à celle de la Baronne de Wibbery qui souhaite épouser son père pour s’emparer de son titre…
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la petite lord

Nouveau titre de la collection Classiques d'Isan Manga, Gwendoline revient donc pour une série de six volumes de 400 pages, toujours habillés d'un même luxe pour la reliure. Une belle occasion de plonger à nouveau dans une romance shojo qui malgré le kitch touche toujours sa cible.

Connu tout d'abord en France sous la forme de l'anime concocté par la Toei Animation diffusé sur la défunte Cinq (ça remonte donc), Gwendoline fait partie de ces grands mangas fondateurs du shojo aux cotés de Candy, mais aussi et surtout Georgie (les deux titres partagent beaucoup de points communs), qui ont définitivement construit les règles et les tics du genre. Graphiquement tout d'abord puis Yoko Hanabusa cultive cette image désuète des fresques romanesques pour jeunes filles où l'héroïne, fraiche, espiègle mais très émotive (elle pleure comme elle rit...) alterne les expressions dramatiques et les poses humoristiques, tire le bout de la langue ou lance un regard languissant à son beau prince des collines. Le trait est toujours délicat, léger, mais ravissant, tandis que les yeux excessivement grands permettent de transmettre les émotions autant que les paillettes brillantes. Les lecteurs et lectrices du shojo sont immédiatement en terrain connu, reconnaissant autant l'influence structurelle du Princesse Saphir d'Osamu Tezuka, que celles de classiques de la littérature de jeunesse internationale comme Les Petites filles modèles, Princesse Sarah ou Cendrillon.

 

les malheurs de So... Gwendoline


Ici encore il est question d'une charmante petite fille malmenée par une belle-mère cruelle et ses enfants aussi méchants que stupides, des nombreuses bêtises que la petite accumule sans faire exprès et bien entendu de la romance trèèès compliquée qui va se créer avec les gentils voisins : deux frères aussi blonds que les blés qui vont tomber sous le charme de Gwendoline et de sa gentille demi-sœur Annie. A cela le statut de métisse de l'héroïne (décrite comme rousse mais blonde sur les illustrations couleurs), mi-anglaise mi-japonaise, ajoute un relief certain, permettant de questionner le carcan de l'aristocratie british qui finalement est à l'arrivé la cause de tous les tourments de la gamine et de sa proche famille. Mère morte, papa absent, grand malheurs et petits bonheurs, Gwendoline aka Lady!! en japonais, est un conte de fée moderne qui pourrait sembler, presque trente ans après, assez prévisible si la manga-ka ne se montrait pas aussi soignée dans ses illustrations que dans la sensibilité d'écriture, réussissant à rendre rapidement tout ce petit monde particulièrement attachant. On se prête alors à suivre volontiers les années de jeunesse de cette future princesse, encore toute petite dans ce premier volume, mais grandissant rapidement sous nos yeux alors que ses amourettes de bébé se transforment en émois de préadolescence. Cela reste bien entendu à l'attention des jeunes lectrices, mais aucun doute que certaines, nostalgiques, y retrouveront quelques souvenirs d'enfance, de rêveries du mercredi matin.

Nathanaël Bouton-Drouard


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