SPIDER-MAN - TODD MCFARLANE
Spider-Man #1-14, 16 ; X-Force #4 - Etats-Unis - 1990/1991
Image de « Spider-Man - Todd McFarlane »
Nombre de pages : 376 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 6 mai 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Spider-Man - Todd McFarlane »
portoflio
LE PITCH
Spider-Man se lance à la poursuite du Lézard afin de mettre un terme à la croisade meurtrière de ce dernier. Avec l'aide de Ghost Rider, Spidey est ensuite confronté au Super-Bouffon puis à un mystérieux tueur qui pourrait bien être... Wolverine ! Et il doit également affronter le Fléau aux côtés d'X-Force.
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L'empereur et l'araignée

Grand patron d'Image Comics et créateur de Spawn, Todd McFarlane est aussi l'artiste qui réussit au début des années 90 à sauver ce brave Spider-Man de ventes timides et d'une image indécrottable de BD pour ados. L'intégralité des 14 numéros qui ont changé à la vie du tisseur, Marvel et l'industrie des comics... Oui rien que ça.

Il s'est passé un véritable raz de marée dans le monde du comic au début des 90's, et cela est né dans les couloirs de Marvel. C'était un temps où les plus grandes stars de la BD américaine n'étaient pas les scénaristes comme aujourd'hui, mais bel et bien les dessinateurs et en particulier une nouvelle génération crayonnant des courbes généreuses, des poses ultra-dynamiques et des héros arborant des muscles hypertrophiés, à l'instar de Rob Liefeld, Eric Larsen, Marc Silvestri ou Jim Lee. Véritable fer de lance de ce mouvement, Todd McFarlane dessinait déjà depuis deux ans les aventures de Spidey, scénarisées par David Micheline, ayant au passage crée visuellement l'inoubliable Venom (les crocs portent sa marque) et progressivement réinventé l'attitude du personnage, plus souple et arachnide que jamais. Mais devant la reconnaissance croissante de la part des lecteurs, McFarlane veut plus et va réussir à obtenir une toute nouvelle série, sobrement intitulée Spider-Man qu'il va écrire, dessiner, encrer, concevoir les couvertures et même coloriser le temps d'un fascicule. Du jamais vu !

 

Collé au plafond


Et tout n'est pas que question d'ego ici, puisque l'artiste va méchamment bouleverser le petit monde de Peter Parker en le plongeant dans un contexte adulte, souvent très violent, et en tout cas particulièrement inquiétant, voir horrifique. Exit les voleurs à la petite semaine et les vilains rigolos, ici le tisseur affronte d'entrée de jeu, dans Tourments, une sorcière vaudou qui a ensorcelé le Lézard le transformant en créature vorace. Une véritable plongée en enfer en cinq chapitres, et en une seule nuit contée en parallèle de la virée nocturne de Mary Jane Parker. Si aujourd'hui encore certains critiquent ouvertement les premiers écrits de l'artiste (voir la réponse récentes du bonhomme sur son compte Twitter), il n'en reste pas moins que pour un premier essais, le résultat est plus que réussi, limitant certes la psychologie des personnages (Spidey subit essentiellement), mais composant un conte macabre enivrant, bestiale, qui lui permet de composer des pages virtuoses, explosives, nerveuses, souvent soumisent au rythme des percussions ou à la nature malléable des toiles « spaghetti ».

 

purgatoire


Et le reste est du même niveau avec les plus courts (deux chapitres chacun) Masques et Bas Fond, réveillant tour à tour des versions dégénérées et maléfiques du « Super Bouffon », de Ghost Rider et du vampire Morbius. Spider-man baigne dans les décors de la Hammer, tandis que McFarlane prend un malin plaisir à décrire une New York sale, dangereuse qui écrase sous son poids les laissé pour compte... Des thématiques que l'on retrouvera directement quelques années plus tard dans son Spawn. Reste le superbe Perception (5 chapitres) virée dans les terres canadiennes sur les traces d'un Wendigo accusé de massacrer des enfants. L'occasion de faire appel à la brute Wolverine (c'est sa terre natale, comme McFarlane) et surtout de construire une authentique enquête policière malsaine sur toile de monstres à visage humain, de peurs ancestrales, de massacre écologique et de prise de conscience morale pour Parker. Imparable. Et comme à chaque fois illustré avec une maestria évidente, une liberté jubilatoire et une énergie constante. Pas étonnant que les ventes de la série soit colossale, avec une pointe de 2,5 millions d'exemplaires pour le numéro 1, le plaçant aujourd'hui comme la troisième meilleure vente de l'histoire Marvel. Un album essentiel en somme, qui se conclue par le mini crossover Sabotage, réunissant Spider-Man et la X-Force de Liebfeld (qui se charge justement de son segment) dans un joyeux bordel plein de testostérone en vue verticale. Divertissant.

Une vraie référence, qui méritait largement un tel ouvrage, lui qui a ouvert la porte à une nouvelle ère de gloire pour Spider-Man, mais qui a aussi directement permis à McFarlane et ses petits camarades (voir liste plus haut) de quitter la firme pour fonder leur propre société d'édition : Images Comics. Mais ça, comme dît le voisin, c'est une autre histoire.

Nathanaël Bouton-Drouard




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